Agnès Varda et  Rébecca Manzoni
Agnès Varda et Rébecca Manzoni © Radio France / ?

J’allais partir et elle a dit : « Julia va nous prendre en photo ! » Julia, c’est l’assistante d’Agnès V. On avait fini de causer et on avait bu du thé. Là, on est dans son atelier, rue Daguerre à Paris.

Un jour, en lisant une interview d’elle, Agnès Varda, j’avais recopié la phrase suivante : « je ne fais pas peur aux autres et j’obtiens beaucoup pare que j’ai l’air d’une petite dame tranquille et rigolote. Dieu sait pourtant, si je suis brusque et déterminée. »

"Agnès de ci, de là Varda ", c’est le titre d’une série de cinq films édités en DVD. Des films comme les épisodes d’un voyage autour du monde avec des rencontres pour escales.

Des artistes contemporains, des pêcheurs, des cinéastes, une vendeuse de riz au lait à l’entrée d’un marché mexicain.

Agnès Varda les regarde. Agnès Varda les écoute. Et cette façon qu’elle a de dire… comme si chaque rencontre était une aventure.

En ce moment même et jusqu’au 22 Avril se tient une exposition au musée Paul Valéry, à Sète. Cette exposition, c’est la sienne et elle l’a intitulée « Y a pas que la mer ». Sur le catalogue on voit son visage, entourée par des centaines de patates.

Je suis entrée dans ses bureaux, au rez – de - chaussée d’une maison de la rue Daguerre, Paris XIV°. Je suis tombée sur Rosalie, sa fille, ses collaborateurs, qui doivent avoir la trentaine ou à peu près, et puis elle, Varda Agnès, de dos, occupée qu’elle était à taper sur le clavier d’un ordinateur.

Rébecca Manzoni

"Ya pas que la mer"

exposition varda "Y'a pas que la mer"
exposition varda "Y'a pas que la mer" © Radio France

Agnès Varda expose son travail au

Musée Paul Valéry de Sète ,

du 3 Décembre 2011 au 22 Avril 2012 .

L'exposition réunit tout autant l’univers cinématographique que photographique de l’artiste.

"Invitée dans un musée qui surplombe la mer et moi même encline à filmer et photographier les plages et les bords de mer, il m a fallu réagir. __ Y’ A PAS QUE LA MER J’aime les arbres et les vaches et les villes et les gens qui circulent et les visages et les marchés en plein air et les patates. Ah les patates, les patates en forme de cœur quels beaux modèles, quel beau sujet. Le parcours que je propose est contradictoire et complémentaire. Photographie et cinéma, portraits immobiles à côté d images mouvantes. Des veuves qui nous parlent à voix basse et le cri d’une baleine en colère parce que le monde va mal. Un cagibi en pagaille et une photographie composée avec soin par le hasard ou par moi). Des murs anciens, craquelés et nuancés et des ustensiles en plastique aux couleurs violentes d’aujourd’hui. La vie est variée, l’art est comme le vent. Décrivez- moi le vent. Quel vent ? " Agnès Varda. Octobre 2011

Agnès de ci de là Varda

Agnès de ci de la varda
Agnès de ci de la varda © arte

"Agnès de ci de là Varda" est une série de chroniques, filmées par Agnès Varda avec une petite caméra au cours des deux dernières années à l’occasion de ses voyages, et commentées par elle. La cinéaste a longé des fleuves inconnus, filmé des élagueurs d’amendoeiras à Copacabana, exploré des lieux oubliés comme les Watts Towers à Los Angeles ou une friche artistique sur une terrasse à Saint-Pétersbourg… Son projet ? Filmer la vie et l’art contemporain là où il se trouve (musées, expositions, biennales), en donnant la parole à des artistes comme Soulages, Boltanski, Messager, Barcelo, Pierrick Sorin ou bien à d’autres comme Monsieur Bouton de Lyon, ou Kikie Crêvecoeur de Bruxelles. Croisés en route, Manuel de Oliveira improvise une danse au Portugal et Carlos Reygadas évoque ses parties de foot au Mexique… Des carnets de voyages dans lesquels Agnès Varda se livre entre deux entretiens, avant d’assembler, de façon originale, sa récolte d’images et d’impressions. Un cinéma plein de fantaisie, d’humour et de talent, de-ci de-là.

Le coffret dvd est disponible sur arteboutique.com

Si on ouvrait les gens, on trouverait des paysages. Moi, si on m’ouvrait, on trouverait des plages. Agnès Varda

Des films d'Agnès Varda, à voir ou à revoir:

Les plages d'Agnès

un film en partenariat avec France Inter, édité par Ciné Tamaris

les plages d'Agnès
les plages d'Agnès © Radio France

En revenant sur les plages qui ont marqué sa vie, Varda invente une forme d’autodocumentaire. Agnès se met en scène au milieu d’extraits de ses films, d’images et de reportages. Elle nous fait partager avec humour et émotion ses débuts de photographe de théâtre puis de cinéaste novatrice dans les années cinquante, sa vie avec Jacques Demy, son engagement féministe, ses voyages à Cuba, en Chine et aux USA, son parcours de productrice indépendante, sa vie de famille et son amour des plages.

Cléo de 5 à 7 (1961)

Cléo de 5 à 7, de Varda
Cléo de 5 à 7, de Varda © Radio France

Un des films emblématiques de la Nouvelle Vague, célèbre dans le monde entier et particulièrement aimé des cinéphiles. Avec Corinne Marchand. Synopsis: Cléo, belle et chanteuse, attend les résultats d’une analyse médicale. De la superstition à la peur, de la rue de Rivoli au Café de Dôme, de la coquetterie à l’angoisse, de chez elle au Parc Montsouris, Cléo vit quatre-vingt-dix minutes particulières. Son amant, son musicien, une amie puis un soldat lui ouvrent les yeux sur le monde.

Sans toit ni loi (1985)

Sans toit ni loi
Sans toit ni loi © Radio France

C'est Le film sur l'errance et ceux que l'on a nommés depuis "les S.D.F", avec Sandrine Bonnaire, grandiose dans le rôle de Mona.

Synopsis: Une jeune fille errante est trouvée morte de froid: c'est un fait d'hiver. Etait-ce une mort naturelle ? C'est une question de gendarme ou de sociologue. Que pouvait-on savoir d'elle et comment ont réagi ceux qui ont croisé sa route ? C'est le sujet du film. Peut-on faire le portrait d’une fille difficile à saisir et dont toute l’attitude est refus. La caméra s'attache à Mona, racontant les deux derniers mois de son errance. Elle traîne. Installe sa tente près d'un garage ou d’un cimetière. Elle marche, surtout jusqu'au bout de ses forces.

A lire pour en savoir plus:

"Varda par Agnès

varda par agnès
varda par agnès © Radio France

Les Cahiers du cinéma ont édité ce livre de Bernard Bastide en 1994. Dans cet ouvrage, Agnès Varda mêle ses réflexions et anecdotes aux photographies en noir et blanc et en couleur. Elle explique qu'elle avait besoin des images pour effectuer un voyage dans ses souvenirs, et c'est chose faite. Il est question de "cinécriture", de tournages, de documentaires et de fictions. Son désir : exprimer le cinéma au féminin.

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arte boutique Sont-ce des ballons que j’ai envoyés comme des cartes postales de voyage ou est-ce moi qui voyage de bulle en bulle, de ci de là ?En avion jusqu’à Berlin, où l’on marche parmi les ours et où Joseph Beuys a sculpté de la matière grasse ; en voiture à Francfort, pour voir pleurer des femmes ; à la nage pour converser avec Pierrick Sorin dans son aquarium ; en autobus pour une « perm’ à Nantes » vers Jacques Demy ; en taxi au Mexique pour trinquer avec des squelettes ; en métro à Paris  pour rendre visite au chat Guillaume-en-Egypte qui garde l’atelier de Chris Marker ; en bateau à Sète pour écouter Pierre Soulages ; en parapluie au Portugal pour poser avec Manoël de Oliveira et sa femme. A nous trois, on totalisait 276 ans...Agnès Varda, 2008-2011

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