Christine Angot
Christine Angot © Léa Crespi / Flammarion

Christine Angot publieLa Petite foule chez Flammarion et elle y poursuit le même objectif qu’elle s’était sans doute fixé il y a maintenant 20 ans quand elle a commencé à écrire : trouver les phrases qui racontent le réel au plus juste. Réduire le plus possible la zone de frottement qui existe entre la réalité et les mots.

Ce dernier livre de Christine Angot, La Petite Foule , est une suite de rencontres. Chaque personnage y est annoncé en quelques mots qui se détachent sur la page et qui pourraient être comme la légende d’une photo. Il y a « La retraitée du textile », « le mari de la milliardaire », « le chauffeur de taxi » ou « la femme qui pleure ». Christine Angot rend visible ces hommes et ces femmes anonymes. Elle met surtout des mots sur les sensations liées à la rencontre. Cette impression que vous avez d’une personne et qu’on pourrait maladroitement résumer par : « ce qu’il ou elle dégage ». C’est un homme qui pose ses mains sur les vôtres pour vous demander vivement « ça va ? ». C’est une femme qui ponctue ses fins de phrases par « hein ? », comme si ce petit mot pouvait donner du poids à ses affirmations.

Quant à Christine Angot, elle fait partie de ceux qui vous regardent quand ils vous parlent. Elle est assise dans un café. Je la vois derrière la vitre. Elle agite la main et raccroche le téléphone qu’elle a à l’oreille.

Ce numéro d’EclectiK ce sont les mots et les sensations d’une rencontre avec Christine Angot.

Rébecca MANZONI

la minute de solitude

La petite Foule, Edition Flammarion, mars 2014

la petite foule 2
la petite foule 2 © Radio France

Ce sont des hommes, des femmes, ils sont jeunes, vieux, ou entre deux âges, riches, puissants, pauvres, ou ni l'un ni l'autre, Christine Angot les passe, en radiologue du genre humain, à son laser, croisant leurs similitudes et leurs différences, perçant à jour leurs caractères, leurs solitudes, leurs émotions. Avec « Le Parisien d'adoption », « La retraitée du textile », « Le grand dépressif » ou « Le client des grands hôtels », par exemple, ce sont autant de portraits d'une société française contemporaine qui se répondent, s'opposent, font miroir, suivant un travail de narration novateur.

La petite foule est une oeuvre captivante, on se l'approprie, on se prend d'affection pour certains, on se moque de certains autres, car la plume de Christine Angot, toujours aussi libre, reflète de façon caustique, aimante ou amusée, mais précise et implacable, notre petit monde personnel.

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Autres parutions :

Christine Angot  "une semaine de vacances" Flammarion
Christine Angot "une semaine de vacances" Flammarion © Léa Crespi / Christine Angot

Une semaine de vacances , Flammarion, 2012

Un court roman, une audace à couper le souffle, un morceau de littérature dont on ne sort pas indemne. Treize ans après son roman L'Inceste , Christine Angot revient sur cette thématique et décrit une semaine de vacances durant laquelle se déroule une relation incestueuse entre un père et sa fille

Le marché des amants , Points, Seuil 2009 (1ère éd.ition 2008)

le marché des amants
le marché des amants © Radio France / point

Cela se passe à Paris, de nos jours, dans une société qui se transforme. Des mondes se croisent, s'affrontent, se mélangent. Les vieux territoires s'aboliront peut-être, mais il y a encore des murs. Un homme, noir, et une femme, blanche, tombent amoureux l'un de l'autre. Les sentiments ont la force de l'évidence mais aussi celle du défi : ils incarnent deux mondes qui ne se connaissent pas, ne se comprennent pas. La bourgeoisie environnante se moque de leur amour, le refuse, le nie. Et triomphera peut-être...

L'inceste , Stock, 1998

L'inceste
L'inceste © Radio France / Stock

Ni un témoignage, ni un roman sur l'inceste, mais un récit dérangeant qui va au coeur du doute et des angoisses de l'écrivain.

« Christine Angot va gagner. Parce qu'elle ne risque pas de plaire. Elle va trop vite, trop fort, trop loin, elle bouscule les formes, les cadres, les codes, elle en demande trop au lecteur. Elle vient d'avoir quarante ans, elle écrit depuis quinze ans et, en huit livres (depuis 1990, car elle a mis quatre ans à faire publier son premier roman), elle a enjambé la niaiserie fin de siècle. Elle n'est pas humaniste, elle a fait exploser le réalisme, la pseudo-littérature consensuelle, provocante ou faussement étrange, pour poser la seule question, la plus dérangeante : quel est le rapport d'un écrivain à la réalité ? »

Josyane Savigneau, Le Monde des livres.

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Au cours de l''émission vous pourrez entendre:

  • La voix de L'écrivain Louis Ferdinand Céline, au micro d'André Parinaud, en 1958, DVD Céline VIvant! édité par les éditions Montparnasse
Céline Vivant!
Céline Vivant! © Radio France / Montparnasse

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  • Un extrait du documentaire de Chris Marker, Le joli mai, (1962)

Enquête de Chris Marker et Pierre Lhomme dans le Paris du mois de mai 1962

Au fil des rencontres, la caméra montre les Parisiens dans leur vie quotidienne, afin de composer un portrait politique, social et cuturel de la France de 1962. Christine Angot tisse un pont entre ce film et son portrait littéraire à mutiples visages, dans La petite foule . Pour l'auteur, ce film, "c'est de la tendresse".

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