Claudine Nougaret et Raymond Depardon

Raymond Depardon et Claudine Nougaret
Raymond Depardon et Claudine Nougaret © Radio France

Claudine Nougaret m’ouvre la porte, Raymond Depardon est au téléphone et je viens dans leur atelier notamment pour parler de Journal de France , leur dernier film. C’est la première fois que le nom de Claudine apparaît sur l’affiche à égalité avec celui de Raymond.

Je pose mon barda et j’expose mon affaire : les interviewer tous les deux d’abord, puis Raymond seul, parce que cette semaine là je savais qu’il avait fait la photo officielle du Président de la République. Et c’est là que ça a commencé à foirer.

Raymond tout seul, Claudine l’a mal pris et lui, il s’est fâché. Un gars de Villefranche – sur - Saône + deux filles au tempérament du sud, je sais pas si vous voyez le tableau.

On a parlé fort avec de grands gestes disons et Depardon m’a dit : « Vous savez, quand on capte le réel, c’est pas forcément bien quand les choses roulent toutes seules ». Ouais, sauf qu’il y a des jours où on n’a pas trop envie de le vérifier. On a bu un coup, on a causé. On était chauffé.

Leur film s’intitule Journal de France parce qu’on y voit Depardon au volant de son camion sillonner les routes du pays et s’y arrêter quand il veut prendre une photo. Journal de France parce que le film est aussi composé d’archives, de chutes inédites que Depardon a filmées et qui racontent 50 ans d’actualité. Mais Journal de France est aussi l’histoire d’amour de Claudine Nougaret et Raymond Depardon.

Elle, elle fait le son de ses films. Et ça a changé ses images à lui.

EclectiK aujourd’hui, c’est donc le portrait d’un homme et d’une femme qui travaillent, s’aiment, s’engueulent, se marrent, se coupent la parole. Bref, un couple, quoi.

Rébecca MANZONI

JOURNAL DE FRANCE
JOURNAL DE FRANCE © Radio France

Bande annonce de Journal de France __ , en salle le13/06/2012

Livre

La France , éditions Pointdeux, 2011

Ce livre est né d'une idée folle qui travaillait Raymond Depardon depuis longtemps : photographier seul, à la chambre 20x25, le territoire français.

Livre "La france" de R Depardon
Livre "La france" de R Depardon © Radio France

Dans un fourgon aménagé, pendant cinq ans au gré des saisons et de la lumière, il a visité presque toutes les régions, pour montrer à la fois les territoires que chacun rêve de visiter et ceux qui se dérobent à tout romantisme.

Il a délaissé la France des grandes villes, pour celle qui se transforme le plus, des zones périurbaines qui engloutissent les villes et les villages de la montagne jusqu’au littoral. Avec bonheur et obstination, il a imprimé plus de six milles négatifs, s’interrogeant toujours avec acuité sur les liens entre l’image et l’éthique.

Ces photographies en couleur, frontales, neutres, d’une lumière délicate et sensible, ont été réalisées comme au tout début de l’histoire de la photographie : en orfèvre de l’image, Raymond Depardon les a choisis, ajustés et façonnés, aidé de la pointe de la technologie numérique.

L’album regroupe trois cents photographies, grand format. Il est assorti d’un texte où Raymond Depardon expose le sens de son travail et comment il l’a mené à bien.

Au cours de l'émission vous avez pu entendre , outre les extraits de Journal de France

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Un extrait du documentaireLa vie Moderne (2008) où l'on entend la voix de Marcel Privat(en photo ci-dessous).

image de Marcel privat dans "La vie moderne"
image de Marcel privat dans "La vie moderne" © Radio France

Marcel Privat est l'un des paysans que Raymond Depardon et Claudine Nougaret ont suivi, au fil de trois documentaires réalisés sur le monde rural: Profils paysans, l'approche (2001) Profils paysans, le quotidien (2004) et La vie moderne (2008).

Dans cette trilogie, "La caméra observe, immobile, des hommes et des femmes qui, à tour de rôle, font ce qu'ils ont toujours fait. Parlent avec leurs mots de tous les jours. Vivent un quotidien ascétique et qu'on jurerait sans histoire. Sans histoire ? Evidemment non. Cette fresque minimaliste est aussi d'une surprenante densité. Comme si chaque geste, chaque parole devenait l'indice d'une étoffe humaine incomparable. Et l'on est, une fois de plus, captivé par l'art tenace et discret de Depardon, qui laisse le temps faire son oeuvre, dégageant des vérités indélébiles du cours banal des conversations. De ces très longs plans fixes, de ces moments « en creux », de ces existences qui s'écoulent au ralenti, le cinéaste parvient à tirer des éclats de vie inouïs. En écoutant ces hommes et ces femmes, « on se sent plus près des choses essentielles de la vie », dit encore le cinéaste." Critique de Jean-Claude Loiseau pour Télérama

*un extrait du documentaire Urgences (1988)__

Urgences de Depardon
Urgences de Depardon © Radio France

Urgences est le premier film de collaboration entre Claudine Nougaret (Ingénieure du son) et le réalisateur R. Depardon. Il raconte le quotidien des urgences psychiatriques de L'hôtel Dieu à Paris.

"Des personnes arrivent désespérées : un conducteur de bus épuisé, un self-made man qui s'effondre, une ménagère qui ne supporte plus son statut, une jeune femme qui a tenté de se suicider, un retraité qui se dit "malade moral"... Le film rend compte de manière inédite de la relation patient - psychiatre avec la puissance, le rythme et la densité du vrai."

Et les titres musicaux suivants:

*Vertige de l'amour d'Alain Bashung

*Gabriel Fauré, opus 24 pour violoncelle et piano par François Salque et Eric Le Sage (BO de La vie moderne)

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