Mariana Otéro fait des films. Des documentaires. Elle y pense longtemps avant de les tourner et les accompagne une fois que c’est fait. Ça donne 5 films en 20 ans. 5 docus comme des pépites sur le quotidien d’un collège de Seine Saint Denis, une télévision commerciale portugaise ou le parcours de salariés qui tentent de reprendre leur usine en main. A l’école, à la télé ou à l’usine, Mariana Otéro filme des hommes et des femmes qui doivent obéir à des lois, des règles, le tout étant de savoir comment on fait avec. Et parfois comment on y survit. Comme vous le savez, cette conversation dominicale est un portrait. Et parfois des gens y déclarent d’entrée « je déteste parler de moi » et il y a des ceux qui ne le disent pas et pour qui c’est vrai. Mariana Otéro appartient à la deuxième catégorie. Elle parle très peu d’elle, ou alors vraiment pas longtemps. Ce que l’on sent, c’est qu’il y a chez cette femme l’exigence de faire des films en accord total avec ce qu’elle est. Et cette exigence, c’est du solide, j’peux vous dire. Il y a 8 ans, Mariana Otéro tournait : Histoire d’un secret, le récit de son histoire familiale, marquée par le décès de sa mère des suites d’un avortement clandestin. Son dernier documentaire, qui vient d’être édité en DVD s’intitule Entre nos mains. C’est le cheminement des salariées d’une usine qui tentent de monter une coopérative pour sauver leur entreprise de la liquidation judiciaire. Quand j’ai quitté Mariana Otéro, je me suis dit que Mariana, c’est Marianne, symbole de la République, mais avec un A. Mariana, c’est espagnol, je crois.

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