Richard Morgiève devant sa toile
Richard Morgiève devant sa toile © Radio France / R. Manzoni

Quelle est la qualité que vous préférez chez les hommes et les femmes ? Réponse : la folie. Quel serait votre plus grand malheur ? Je viens de laver le sol, il pleut et on marche dessus. Richard Morgiève en a vu d'autres. Il a commencé à écrire à 19 ans, il en a 64 aujourd'hui. Des poèmes, des romans, des thrillers qui collent à la peau du lecteur.

Dans le portrait que son éditeur dresse de lui, il est écrit que Richard Morgiève pratique, « le hors - piste littéraire ». Il est aussi précisé qu’il était plutôt mal parti dans la vie, qu’il travaille beaucoup et qu’il court une heure et demie par jour pour se détendre.

Le dernier livre de Richard Morgiève paru en janvier aux éditions Carnet Nord s'intitule Boy, l'histoire d'une fille qui se choisit un nom de garçon, qui n'a pas peur de rien et surtout pas d'être elle – même.

La rencontre à suivre eut lieu en Mars 2012. Dernier épisode de cette série d'EclectiK consacrée aux écrivains. C'est Richard Morgiève. Et comme souvent dans cette émission : à la vôtre !

R. Manzoni

Parler de soi, c'est inventer sa langue. R Morgiève

Le dernier roman de l'auteur est édité par les Editions du Montparnasse, collection "Carnet Nord"

United colors of ccrime

united colors of crime
united colors of crime © Radio France

26 août 1951, quelque part au Texas. Chaim Chlebeck est laissé pour mort dans la poussière rouge du désert, et retrouvé par un drôle decouple : Dallas, une Indienne borgne et sauvage, mais sacrément attirante, et un certain Dirk, scientifique allemand venu se perdre dans l’immensité nord-américaine pour fuir les ambitions nucléaires de son gouvernement.

United Colors of Crime peut être lu tout autant comme un roman d’aventure que comme une extravagante histoire d’amour, dans un décor dewestern peuplé d’Indiens plutôt violents, de shérifs plutôt coulants, et d’une bande de mafieux prêts à traverser le pays pour retrouver leur poulain fugueur, Chaim.

A découvrir,

  • Boy, paru en janvier 2014, aux éditions Carnets Nord (Montparnasse)
Boy Morgiève
Boy Morgiève © Radio France / carnet nord

Richard Morgiève poursuit avec Boy l’exploration des thèmes qui le hantent : l’amour, l’honneur, le courage, la rencontre avec l’autre.

« Une panne d’électricité éteint la ville devant eux. À chaque mètre qu’ils font, la lumière recule. Les rues s’enlisent lentement dans l’obscurité, les passants semblent sortir de rien. De temps en temps une enseigne lumineuse résiste, notamment cet Oasis Kaboul jaune et orange, vert. Les phares des voitures entretiennent une illusion, celle d’un monde à la merci de l’homme, un monde sécurisé. Mais le monde n’existe pas, songe Boy. On l’invente pour ne pas crier, ne pas se percer les tympans. »

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Une histoire d’amour, comme toujours chez Morgiève : amour-haine pour un père-voyou, amour-haine pour la lâcheté, amour-haine pour soi-même – mais quoi de plus proche de l’amour que la haine ? L’amour de Boy est à la hauteur de ses impossibilités. Elle ne sait pas qui elle est. Elle cherche désespérément l’amour d’un, d’une autre. Roman tragique aux allures de thriller, roman épique sur décor sanglant du monde d’aujourd’hui. Roman sexuel, noir, où les fantasmes se disent à chaque page.

  • Ma vie folle , Editions Pauvert 2000, (puis Pocket)
Ma vie folle, Richard Morgiève
Ma vie folle, Richard Morgiève © Radio France

Sa vie folle. La sienne. Celle que l'on ne peut décrire sans la trahir. Cette vie passée à écrire depuis la mort de sa mère. Il est né ce jour-là. Depuis, l'écriture c'est sa vie. Son cancer à lui. Et sa manière de ne pas finir comme son père, ce salaud. Il a tout donné à l'écriture. Elle lui a tout pris. D'abord ses femmes. L'une après l'autre. Quelquefois même quand il en avait plusieurs. L'écriture est une maîtresse jalouse et une épouse fidèle. Bientôt la cinquantaine et elle est toujours là, à veiller sur ses angoisses. Pas moyen d'échapper aux mots et à ce qui en eux, en creux, se cache. L'amour, la haine, la mort. Et tous les fantômes qui l'assaillent au détour d'une phrase : sa mère, son père, Ming et les autres. Ils n'ont pas disparu. Ils sont tous là, en elle, en lui. "C'est d'abord une respiration, une palpitation, comme d'un cœur écorché, qui attire dans `Ma vie folle'."Eric Loret - "Libération"

Au cours de l'émission, vous avez aussi pu entendre:

  • La voix du cinéaste Jean-Pierre Melville (archive INA)

  • un extrait de son film "L'armée des ombres" (1969) bande annonce ci-dessous

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