Fanny Ardant
Fanny Ardant © Radio France

Fanny Ardant disons-le tout net a quelque chose d’un mythe. Belle…si belle (et rebelle) que ça crèverait les yeux même à un aveugle.

Celle qui enchanta Vivement dimanche deTruffaut est là pour enchanter le nôtre.

Avouons-le quand même, bien malheureux(se) celui ou celle qui tenterait de la définir. Moi je dirais simplement : habitée ; Fanny Ardant est une femme habitée. Elle a ce regard noir et concentré, une certaine gravité.

En même temps on dirait bien qu’elle s’est jurée de ne pas prendre la vie au sérieux. Un haussement de sourcils, ce claquement de doigts qui rythme ses phrases, pour dire l’élégance et l’art de la pirouette face à la vie.

Au commencement, étudiante à Londres. Un matin, elle plaque tout pour ne pas passer à côté de sa vie. Paris, cours de théâtre… Et 1ère réplique de son 1er rôle toujours fermement ancré en elle, celle d’Hermione dans Andromaque de Racine : « Je veux savoir Seigneur si vous m’aimez »

Pas mal pour une amoureuse des hommes comme des mots.

Théâtre et cinéma, les deux mon Capitaine ! Elle n’est pas du genre à chercher midi à 14 h.

Elle a connu des compagnons de travail, des amitiés, de grandes histoires mais pas de troupe. Une indépendante, une femme libre ! Tout comme Marguerite Duras qu'elle a souvent joué au théâtre. Ces jours-ci, on la retrouve au théâtre de la Gaité Montparnasse dans "Des journées entières dans les arbres" de M.Duras mis en scène par Thierry Klifa.

Je la rencontre donc au théâtre. Fanny Ardant… Jupe noire, chaussures noires, chandail noir à liseré blanc… une tablette de chocolat (noir !) qui tombe de son sac. On grimpe on grimpe des escaliers. Et autour de nous, partout, du rouge. Elle avance, ne se retourne pas. Chut ! Suivons-là… Elle nous emmène.

Perrine Malinge

La minute de solitude de Fanny Ardant :

fanny Ardant et N Duvauchelle
fanny Ardant et N Duvauchelle © Radio France / Carole Bellaiche

Des journées entières dans les arbres, jusqu'au 30 mars 2014

des journées entières
des journées entières © Radio France / DR

L'histoire :

Une femme quitte les colonies pour venir à Paris quelques jours retrouver son fils qu'elle n'a pas vu depuis cinq ans. Ce fils, qu'elle aime d'un amour exclusif, aveugle, dévorant, est un minable flambeur qui vit avec une entraineuse plus jeune que lui. Que peut-elle encore attendre de celui qui, enfant, passait des journées entières dans les arbres à chasser les oiseaux plutôt que d'aller à l'école ? Que peut-elle encore attendre de celui, l'orgueil de sa vie, qui ne changera plus jamais ? Sans doute rien, si ce n'est de vivre cette passion folle, qui jusqu'au bout liera mère et fils, au-delà de tout.

Au cours de l'émission vous avez pu entendre :

  • Un extrait de La femme d'à côté de François Truffaut, 1981, avec Gérard Depardieu et Fanny Ardant

  • Un extrait de répétition d'India song, Marguerite Duras dirige M. Lonsdale (1974) archive INA, extrait d'un Atelier de création radiophonique.

  • La voix de Vittorio Gassman, au micro de Pierre Bouteiller, archive Ina, 1983

  • Un extrait du film D'Ettore Scola La famille, avec V. Gassman et Fanny Ardant, 1987

  • Un extrait de Pédale douce de Gabriel Aghion, pour lequel Fanny Ardant reçu le César de la meilleure actrice en 1997

  • La voix de La Callas chantant le célèbre air de La Habanéra dans Carmen de Bizet, dirigé par Georges Prêtre en 1961

  • Un extrait du film Le paltoquet de Michel Deville 1996 (musique du film : Antonin Dvorak et Leos Janacek), elle partage l'affiche avec Michel Piccoli, Richard Bohringer, Claude Piéplu, Jean Yanne, Daniel Auteuil, Jeanne Moreau et Philipe Léotard
  • Un extrait de Cadences obstinées, le dernier film réalisé par Fanny Ardant (actuellement en salle)

Fanny Ardant chantant "A quoi sert de vivre libre ?" dans Huit femmes, le film de François Ozon

A lire

Ardant mystère , une biographie très personnelle et littéraire de Fanny Ardant par Pascal Louvrier, Ed. du Moment, 2010

<img src="https://www.franceinter.fr/s3/cruiser-production/2014/01/0d467a8b-850d-11e3-b517-782bcb6744eb/640_ardant-mystere.jpg" alt="ardant mystère" width="400" height="650" />
ardant mystère © Radio France / DR

Bonjour minuit de Jean Rhys dont Fanny Ardant a rédigé la préface, ed Denoël, 2014

bonjour minuit
bonjour minuit © Radio France

La sensibilité d'une artiste comme Fanny Ardant s'imposait pour présenter Jean Rhys. L'une des plus remarquables romancières britanniques du XXe siècle.

Une Anglaise retourne à Paris où elle a vécu un grand amour. Portée par le hasard des rencontres, elle s'étourdit dans le Montparnasse d'avant-guerre, mais le passé l'envahit inévitablement.

Jean Rhys tire de sa vie dans la bohème des années 20 la substance de ses romans. La romancière a l'art de saisir sans concession et avec humour les infimes émotions, les doutes, les contradictions et les joies qui nous traversent.

Oh mon Dieu, ai-je l'air de ça ? Ai-je vraiment l'air d'une riche rombière qui fait un tour à Montparnasse dans l'espoir de... ? Après tout le mal que je me suis donné, est-ce de ça que j'ai l'air ? je suppose que oui. Vais-je lui dire d'aller se faire fiche ? Mais après tout, me dis-je, voilà peut-être l'occasion de me payer un peu de retour ?

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