Jeanne Moreau est à l'affiche du film “Une Estonienne à Paris” de Llmar Raag. La comédienne de "Jules et Jim" raconte à Rebecca Manzoni toute une vie consacrée à jouer la comédie et se confie sans fausse pudeur sur sa passion pour son métier.

Jeanne Moreau
Jeanne Moreau © Getty / Catherine McGann

Jeanne Moreau reçoit Rebecca Manzoni dans son appartement rempli de livres et de cigarettes. Le monstre sacré du cinéma français se met à nu dans un entretien doucement accompagné du cliquetis des tasses de thé.

Jeanne Moreau rencontre Demy, Welles, Duras

La lecture fut la “première passion interdite” de Jeanne Moreau. Son père pensait que c’était inutile. Ce père “qui dit non” sera le meilleur allié de sa destinée. La comédienne aime les interdits : la lecture d’abord puis le théâtre ensuite et enfin le cinéma. Il n’y a qu’aux metteurs en scène que Jeanne Moreau "obéit", même aux “mauvais”. “Satisfaire le désir de quelqu’un” est la source de son énergie créatrice. Grâce à Fassbinder, Orson Welles, Joseph Losey, Jacques Demy et tant d’autres, elle a incarné des femmes différentes et "découvert des mondes”. Qu'elle “traîne la nuit” avec Marguerite Duras ou entretiennent une relation épistolaire avec Ingmar Bergman, la vie et la carrière de mademoiselle Moreau ne font qu’une et raconte la force d'un destin.

Rebecca Manzoni à l’écoute de la voix de Jeanne Moreau

Jeanne Moreau est à l’affiche d’Une Estonienne à Paris, premier et beau film qui sort en salles la semaine prochaine. 

Un film sur le désir. 

Sur le temps qui passe dessus. 

Et sur ce qu’on est prêt à faire pour continuer à le vivre, à l’éprouver. 

Jeanne Moreau y incarne une femme qui, parmi ses amants, en a connu un bien plus jeune qu’elle. Il a compté et elle ne veut pas y renoncer. 

Jeanne Moreau n’est pas ses personnages, mais ses films, c’est sa vie. Toutes les femmes qu’elle a incarnées, ses rencontres, ses amours, ses amitiés. Tout ça fait une œuvre, la sienne. Et la conversation de ce matin est l’occasion de la revisiter. 

Je suis arrivée dans un appartement rempli de livres, avec des cigarettes disposées dans des pots, comme des bouquets. 

Elle avait fait un feu. Et en sortant le micro, je me disais : le feu dans la cheminée pendant que peut-être vous déjeunez - enfin, où que vous soyez - c’est pas mal pour un dimanche matin.

L'équipe