La République a rendu hommage ce mercredi matin aux Invalides à Paris à celui qui, selon les mots de l'Élysée, a fait "don de sa vie pour protéger nos concitoyens" en se substituant à une otage lors de l'attaque du Super U de Trèbes (Aude) vendredi.

Hommage de la République au Lieutenant-Colonel Arnaud Beltrame
Hommage de la République au Lieutenant-Colonel Arnaud Beltrame © AFP / Philippe LOPEZ

L'hommage a  duré environ 45 minutes, sous la pluie. Un millier d’invités et environ 2 000 personnes à l’extérieur étaient présents à cette cérémonie ouverte au public. 

Parmi les invités : les anciens présidents de la République Nicolas Sarkozy et François Hollande, les élus de l’Aude – où ont eu lieu les attentats de Carcassonne et Trèbes vendredi – et les familles des victimes.

Emmanuel Macron avait à ses cotés le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, la ministre des Armées Florence Parly et le Premier ministre Édouard Philippe. 

Les victimes et familles de victimes, ici à leur arrivée aux Invalides, ont été saluées par le chef de l'État et son épouse.
Les victimes et familles de victimes, ici à leur arrivée aux Invalides, ont été saluées par le chef de l'État et son épouse. © AFP / Philippe Lopez

Après une rapide revue des troupes, Emmanuel et Brigitte Macron ont salué, loin des micros et des caméras, les victimes et familles de victimes, dont l’épouse et la mère d’Arnaud Beltrame, les familles des trois autres personnes décédées : Christian Medves, 50 ans, Hervé Sosna, 65 ans, et Jean Mazières, 61 ans.

Quant au conducteur de la voiture prise d’assaut par le terroriste avant l’attaque du Super U, il est toujours placé sous coma artificiel après avoir reçu une balle dans la tête. 

Le cercueil d’Arnaud Beltrame a été porté par dix gendarmes, anciens camarades et officiers, jusqu’au milieu de la cour des Invalides.
Le cercueil d’Arnaud Beltrame a été porté par dix gendarmes, anciens camarades et officiers, jusqu’au milieu de la cour des Invalides. © AFP / Philippe Lopez

Puis le cercueil d’Arnaud Beltrame, recouvert du drapeau français, a été porté par dix gendarmes, anciens camarades et officiers, jusqu’au milieu de la cour des Invalides, portant également son képi (avec la photo de son épouse à l’intérieur) et ses décorations.

Le nom d’Arnaud Beltrame "synonyme de l’héroïsme français"

Emmanuel Macron a salué "le courage et l’amour de la vie" du Lieutenant-Colonel Beltrame :

Arnaud Beltrame s’est retrouvé face à la part la plus profonde, peut-être la plus mystérieuse de son engagement.

Le chef de l'État a rappelé "la fidélité du gendarme à ses valeurs (…) lucide, déterminé. Soldat aguerri, gendarme d’élite, il sentait sûrement qu’il avait rendez-vous avec la mort, mais il avait rendez-vous aussi avec sa vérité de chef. Il a fait ce choix car il se serait éternellement reproché de ne pas l’avoir fait".

Le président de la République a également rendu hommage à l’équipe de gendarmes sous les ordres d’Arnaud Beltrame.

"L’un d’entre nous s’est dressé, droit, lucide et brave, face à la haine et à la folie meurtrière (…).

Avec lui l’esprit français de résistance. Jean Moulin, Pierre Brossolette, les héros de Verdun et les Justes, et toutes ces femmes et ces hommes qui un jour ont décidé que la France, la fraternité française ne survivraient qu’au péril de leur vie et que cela en valait la peine."

Une réponse également politique

Emmanuel Macron a également évoqué le meurtre de Mireille Knoll à Paris. L'octogénaire a été selon lui victime du même "obscurantisme barbare" que le gendarme tué par le djihadiste de l'Aude.  

L'obscurantisme barbare (...) nie la valeur que nous donnons à la vie, valeur niée par le terroriste de Trèbes, valeur niée par le meurtrier de Mireille Knoll, qui a assassiné une femme innocente et vulnérable parce qu'elle était juive et qui ainsi a profané nos valeurs sacrées et notre mémoire.

La France remportera la bataille contre l'islamisme radical "avec calme, sans faiblesse et sans emportement", a déclaré mercredi Emmanuel Macron.

Dans son allocution, il  a rappelé les faits de Carcassonne et Trèbes et a évoqué 

l’hydre islamiste dont se revendiquait le tueur. (…) Avide de néant, ce meurtrier cherchait la mort, cherchait SA mort, une mort qu’il croyait glorieuse mais qui était abjecte. 

Il s’est adressé à la jeunesse désœuvrée en quête de sens et l'a mise en garde contre "l'attrait des rangs fanatiques où veulent l'entrainer des adeptes du néant." 

En sauvant cette jeune femme, Arnaud Beltrame a conjuré l’esprit de renoncement et d’indifférence qui parfois nous menace (...). Oui, la France mérite qu’on lui donne le meilleur de soi. Oui, cela a du sens et donne sens à notre vie.

Pour terminer, Emmanuel Macron a élevé Arnaud Beltrame au rang de Commandeur de la Légion d’Honneur et l’a nommé Colonel de gendarmerie. 

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