Le journaliste qui n’est pas trop bête ni trop imbu de lui-même pour regarder les choses en face le sait bien : ce qu’il fait est moralement indéfendable. Il est tel l’escroc qui se nourrit de la vanité des autres, de leur ignorance ou de leur solitude ; il gagne confiance et les trahit sans remords.

Ainsi débute le récit de la journaliste américaine Janet Malcolm . Elle ne se protège pas, elle est une escroc parmi d’autres. Son crime, s’il y a eu lieu, raconter la relation entre l’écrivain et journaliste, Joe Mac Ginniss et un meurtrier, Jeffrey Mac Donald, accusé d’avoir assassiné sa femme enceinte et leurs deux petites filles. Le premier s’attache la confiance du second, l’assurant qu’il ne pourra dormir en paix tant qu’il ne sera pas libéré, afin d’écrire un livre qui sera un assassinat en règle au nom de la « vérité ». Tout auteur dès qu’il traite d’un fait réel est dans une impasse morale. Il ne peut que trahir. Mieux vaut le savoir ...

Le journaliste et l’assassin
Le journaliste et l’assassin © Radio France

« Le journaliste et l’assassin » de Janet Malcolm , traduit de l’anglais par Lazare Bitoun , publié chez François Bourin

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