Je vient de me rendre compte que c’est le troisième texte dont je parle ces derniers jours qui raconte une histoire d’amour entre un père et sa fille. Cela ne doit pas être un hasard. Mon père aurait dû avoir 80 ans il y a quinze jours.

Dans « une vie brève », Michèle Audin part sur les traces de la vie de son père.

Son père s’appelait Maurice Audin, il était mathématicien, membre du Parti communiste algérien, pendant la guerre d’Algérie. Il a été arrêté par l’Armée française du général Massu à Alger en 1957. Il a été torturé et assassiné.

Michele Audin était une toute petite fille, elle a beaucoup pleuré, on l’a consolé en lui promettant une visite au cirque.

Elle est devenue elle même mathématicienne et membre de l’Oulipo.

Dans ce texte magnifique, elle tente de raconter ce qu’il reste de la vie de son père, dans ce qu’il y a de plus banal, ce qu’il mangeait, comment il s’habillait, comme dans ce qu’il y a de plus grand. « Ses mains magiques, ses compétences, épris de justice et de liberté, un jeune homme lumineux. Oui, mais je voudrais aussi me souvenir d’une habitude, de choses inessentielles. J’aimerai lui connaître des défauts » écrit Michelle Audin.

Il y aussi ces mots d’un homme qui va mourir, qui dit à sa femme « occupe-toi des enfants » ; ce bloc d’humanité nu dont parle l’écrivain Ivan Jablonska.

Une vie brève » de Michèle Audin
Une vie brève » de Michèle Audin © Radio France

« Une vie brève » de Michèle Audin, est un récit publié à l’Arbalète Gallimard.

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