Scholastique Mukasonga
Scholastique Mukasonga © Radio France

J’ai découvert le nom de Scholastique Mukasonga quelques jours avant qu’elle n'obtienne le prix Renaudot.

Au Salon du livre de Trouville en Normandie, il se passait quelques choses. Des lecteurs venaient me voir avec son livre. Ils le portaient comme on porte quelque chose d’essentiel. Certains venaient me voir. Elle écrit sur le génocide rwandais. Je répondais alors que j’avais pu écrire, le mien, aussi grâce au livres de Rithy Panh et Christophe Bataille sur le Cambodge, et à celui de Jean Hartzfeld donnant la voix à des rescapés tutsis.

Je viens de lire seulement le deuxième roman de Scholastique Mukasonga. Il a pour titre La femme aux pieds nus , un livre sur sa mère qui a été assassinée et n’a pas eu de linceul, dont le corps n’a pas été recouvert par un pagne avant d’être enterré comme le veut la tradition tutsi.

Scholastique Mukasonga s’adresse à sa mère et lui écrit : "Maman, je n’étais pas là pour recouvrir ton corps et je n’ai plus que des mots – des mots d’une langue que tu ne comprenais pas – pour accomplir ce que tu avais demandé. Et je suis seule avec mes pauvres mots et mes phrases, sur la page du cahier, tissent et retissent le linceul de ton corps absent."

Scholastique Mukasonga a reçu le prix Renaudot pour son premier roman Notre Dame du Nil publié chez Gallimard. Il faut lire aussi ce récit sur sa mère disparue.

La femme aux pieds nus , que l’on trouve en poche chez Folio.

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