Je fais partie de ces filles journalistes qui sont fascinées par Françoise Giroud.

J’admire sa force, elle s’est relevée du pire possible, son ambition, elle a fondé et dirigé l’Express, a été ministre, et aussi son goût pour les jolies robes et les histoires d’amour parfois difficiles.

Je lis toutes les biographies qui lui ont été consacrées avec toujours le sentiment qu’il reste une part de mystère, qu’elle reste protégée derrière une vitre.

Alix de Saint André qui est devenue une de ses amies a enquêté de l’autre côté de la vitre.

Elle a tenté de remplacer les nombreux trous par des noms et des dates.

Arrières grands parents, grands-parents, parents, oncles, tantes, cousins, sœur, enfants, comment s’appelaient-ils, où sont-ils nés, où ont-ils été enterrés ?

Des hommes ruinés et morts trop jeunes. Des femmes souvent frivoles. Une famille juive de Turquie, aux racines hongroises, irakiennes. Françoise Giroud avait juré à sa mère sur son lit de mort de ne pas dire qu’elle était juive. Quand son petit-fils aujourd’hui Rabin lui a posé la question. Elle a répondu, si tu veux mourir cela n’engage que toi. Ainsi Alix de Saint André brise avec tendresse la vitre de verre derrière laquelle Françoise Giroud se protégeait.

 Garde tes larmes pour plus tard
Garde tes larmes pour plus tard © Radio France

Garde tes larmes pour plus tard , un récit d’Alix de Saint André est publié chez Gallimard. Et demain, je vous parlerai du manuscrit de Françoise Giroud, où elle brise elle-même cette glace. Un manuscrit perdu et retrouvé par Sherlock Alix.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.