Petite fille, Evelyne Bloch Dano regardait sa mère dormir, espérant qu’elle la remarque, qu’elle lui parle. Jamais, elle ne traquait ainsi son père tant elle était certaine de la tendresse qu’il lui portait.

Aujourd’hui, la mère d’Evelyne Bloch Dano est très âgée, elle a perdu la tête.

« La maladie en attendant m’a offert ce tribut inestimable : l’amour. Me voici revenue l’enfant qui attendait un signe de sa mère. Il ne viendra plus. Mais je sais que je dois à cette attente le meilleur de moi même.

Écrit-elle.

L’auteur se souvient de son enfance dans cet appartement de la porte Champerret à Paris De ses parents immigrés, des meubles, elle se souvient aussi de sa colère contre sa mère quand celle ci lui a appris que lundi s’écrivait non pas L I N comme on pourrait s’y attendre mais L U N. Evelyne était alors très en colère contre ces règles absurdes qui permettent à un mot de s’écrire comme il s’entend.

Evelyne Bloch Dano offre à sa mère un dernier baiser, avec ses mots doux et parfois plus durs. Il arrive à temps.

Evelyne Bloch Dano a reçu le prix Renaudot essai pour « Madame Proust » et le Grand prix des lectrices de Elle pour sa biographie de « Madame Zola »

Porte de champerret
Porte de champerret © Radio France

« Porte de Champerret » vient de sortir aux éditions Grasset.

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