Le tribunal constitutionnel polonais a affirmé la primauté du droit national sur le droit européen, en décrétant certains articles des traités de l'UE "incompatibles" avec la Constitution.

Et la Commission a réagi affirmant, au contraire, que la primauté du droit européen sur toute norme nationale est un principe fondamental de l'Union...

Cette décision du tribunal constitutionnel polonais est présentée comme une provocation inédite… Pourtant, celle-ci ne diffère pas de certaines décisions de la Cour constitutionnelle allemande.

En effet, dans son fameux arrêt du 30 juin 2009, la Cour de Karlsruhe rappelait que l’Union Européenne n’est pas un État fédéral et insistait sur le fait qu’il n’existe aucun peuple européen comme source de légitimité.

De ce fait, elle prévenait que «la République fédérale d’Allemagne ne reconnaît pas une primauté absolue d’application du droit de l’Union» 

En mai 2020, la Cour de Karlsruhe avait ainsi refusé d'approuver la politique de la BCE, jugeant que celle-ci outrepassait ses pouvoirs.

À l’époque nul n’avait songé à Bruxelles à suspendre le plan de relance allemand, comme cela est envisagé aujourd’hui pour faire pression sur la Pologne.

Parce que celle-ci n’a pas la puissance économique et politique de l’Allemagne

Mais pas seulement…

A travers la bataille qui oppose l’Union européenne à la Pologne , ce sont aussi deux conceptions de la démocratie qui s’affrontent...