(Par Dominique Seux)

Ce matin, sort le nouvel album de Carla Bruni intitulé « Little french songs ». Difficile de le chroniquer « comme si de rien n’était », pour reprendre le titre de son précédent disque qui était alors celui d’une première dame chanteuse. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui… Absolument, vous l’avez remarqué, Carla Bruni n’est plus à l’Elysée mais on ne peut pas faire comme de rien n’était parce qu’elle s’adresse à son amoureux illustre dès la quatrième chanson. Un hommage subtil dans la grande tradition des chansons anciennes où les chanteuses vantaient les mérites de leur homme avec un grand H. Fréhel avait chanté « Le grand Léon » ou « C’est un mâle », Damia « le grand frisé », et Piaf les a collectionnés. De « Mon légionnaire » à « C’est un homme terrible » ou « T’es l’homme qu’il me faut ». Avec Carla Bruni, ce n’est pas un grand frisé, un légionnaire, - un homme terrible? ça je ne sais pas - c’est donc Nicolas Sarkozy alias « Mon Raymond ».Extrait de « Mon Raymond » Ce qui est intéressant est que Carla Bruni rend aussi hommage à la chanson française, vantant en quelque sorte, l’exception culturelle française. On se souvient de la fascination de son mari président pour les Etats-Unis, eh bien son épouse chanteuse sourit du poids de la domination anglophone dans la chanson et nous rappelle que les chanteurs français ont plus que bien fait de résister…Extrait de « Little french song » Charles Trenet avait lui aussi remercié ses collègues de bureau (expression brassenssienne) qui désignait ses amis chanteurs dans « J’aime le music hall ». Ce n’est donc peut-être pas une coïncidence si Carla Bruni rend hommage à son tour au « fou chantant » à travers une version transalpine de sa douce France.Extrait de « Dolce Francia » Ca c’est pour la partie la plus légère du disque, qui est tout de même assombri par quelques chansons plus mélancoliques. Le très réussi « Prière » ou la confession intime à propos de son meilleur ami qui s’est suicidé.Extrait de « Darling » Carla Bruni a livré un disque à deux faces. L’une où elle s’essaye à la chanson satirique (moins réussie) et l’autre où elle poursuit son sillon mélancolique. Elle a choisi d’intituler son album « Little french songs » que l’on peut comprendre par « petites chansons françaises », qui semble nous dire qu’au-delà de sa singulière position, ce ne sont après tout que de la chanson, même si, pour elle comme pour nous, « cela veut dire beaucoup ». Et vous remarquerez que j’ai chroniqué pendant quatre minutes sans parler du Pingouin ... Ce que je vois surtout, c’est le travail formidable et difficile de Didier chaque matin !

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