Voici le deuxième album d’un groupe parisien formé en 2007. Un quatuor emmené par Lionel Perres qui revient avec un album de 11 titres en anglais intitulé « Blackboard ».

Extrait de « Blackboard »

Voici quatre garçons portés par le démon de la danse qui publient un album qui franchement ne nous facilite pas la tache. Une écoute distraite de l’objet peut très vite cataloguer la musique du groupe dans la tendance généralisée d’une musique électro pop mondialisée low coast. Il faut dire qu’il faut franchir un certain nombre d’obstacles, notamment celui de la voix du chanteur très proche de celle du chanteur de Phoenix: Thomas Mars. Premier enseignement : Il faut donc parfois réécouter une musique qui paraît à la première danse trop facile pour être honnête. Et c’est ainsi qu’on découvre un groupe épris de mélodies solaires, d’arrangements luxuriants et soyeux à la fois, avec le souci permanent de l’élégance dans la distribution des références, là où d’autres groupes tombent dans la vulgarité

Extrait de « Valley »

Difficile défi donc que celui du groupe Fortune remarqué sur son premier opus par Mathieu Amalric qui tourna même un clip d’une de leurs chansons « Under the sun ». L’album a été enregistré à Rome au studio Forum dans lequel Ennio Morricone travaille depuis longtemps. Plaisir de gosses de se retrouver à emprunter quelques instruments du maître. Et au final la sensation de se retrouver sous l’emprise inconsciente de la dolce vita. Une sorte de lâcher prise, de langueur, de nonchalence qui parcourt l’ensemble des compositions

Extrait de « Deliverance »

Le groupe sur son site poste régulièrement des images de groupes qui forgent un paysage mental commun : Taxi Girl, Depeche Mode, Human League… La liste de leurs envies pourrait être longue pour ces typiques enfants nés du croisement improbables de Michael Jackson et de Jean Jacques Goldman qui auraient été détournés du droit chemin par le groupe Nirvana. Avec le groupe Fortune on est face aussi à un instantané assez précis de l’époque dans laquelle on vit où parfois la confusion des genres offre de belles perspectives

Extrait de « The future »

Il faut aussi savoir s’alléger des contraintes de l’analyse à tout crin et reconnaître simplement que lorsqu’un disque vous titille, il n’est pas interdit de se laisser faire. Et ainsi d’être convaincu que cette fortune là vient en dansant et finalement sourit aux audacieux.

Fortune
Fortune © Radio France
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.