Le rock a toujours été synonyme de rébellion. Si les Sex Pistols ont injecté de la politique dans le punk anglais, le punk américain n’était pas vraiment porté sur la chose…

Habitués à parler de la vie de banlieusards où on gobe des anxiolytiques comme des Dragibus, leurs confrères américains, The Ramones, ne se préoccupaient pas de messages. Il faut dire qu’il y avait un clivage au sein de ces faux frères, ça arrive dans les meilleures familles. Johnny Ramone, guitariste, votait à droite. Mais ils ont pris la plume contre Ronald Reagan suite à sa visite au cimetière de Bitburg en Allemagne où reposent des soldats nazis. Et comme chante Joey, c’était un drôle d'endroit pour discuter des affaires étrangères. Bonzo, interpellé dans le refrain, fait référence au chimpanzé qui fut le partenaire de l’ancien acteur devenu président dans son film le plus connu : « Bedtime for Bonzo ». Il y joue le père de substitution de la bête.

Extrait de “My Brain is Hanging Upside Down”

A la même époque, à San Francisco, The Dead Kennedys s’engageaient davantage que leurs collègues de la côte Est.

L’impact des chansons de ce groupe hardcore était plus politique que musical et même considéré comme dangereux par la droite.

En 1979, dans California Uber Alles, son leader, Jello Biafra, attaque le très populaire gouverneur de l’état, Jerry Brown, trois fois candidat aux primaires démocrates. Il l’accuse d’avoir des tactiques fascistes pour faire passer ses idées libérales. Il adaptera la chanson pour Schwarzenegger deux décennies plus tard. Fort de sa réputation contestataire, Biafra, se présente aux élections présidentielles chez les verts en 2000 arrivant derrière l’infatigable, Ralph Nader qu’il continue à soutenir.

Extrait de “California Über Alles”

Le rock indépendant a aussi un regard critique sur son pays…

Chez les Decemberists, on est moins radical, mais on ne fuit pas les sujets qui fâchent. Dans « 16 Femmes de Militaires », ce groupe de Portland dans l'Oregon, proteste contre la guerre en Iraq mais écorche surtout l’Amérique toute puissante et ses medias qui traitent l’info comme un divertissement.

Extrait de « 16 Military Wives »

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