C’est le grand retour de Mathieu Boogaerts après 4 ans d’absence discographique, qu’il a mises à profit pour tester ses nouvelles chansons sur scène, à « La Java » petit lieu mythique près de Belleville où le chanteur s’est produit pendant huit mois, chaque mercredi soir.

Mathieu Boogaerts a choisi un cheminement à l’ancienne. Comme un artisan de la chanson au bon vieux temps des music-halls qui fleurissaient sur les boulevards parisiens, il s’est effectivement choisi cette résidence secondaire pour y polir au contact d’un public passionné ses chansons qui ont pris toute la rondeur de jolis galets. La poésie fine et souriante de ce Buster Keaton de la chanson sentimentale retrouve 17 ans après ses débuts la beauté bouleversante de ce minimalisme novateur qui depuis a fait école.

Extrait de « Avant que je m’ennuie »

Il faut rendre à Boogaerts ce qui lui appartient. Son alunissage en 1996 avec son premier album subtilement baptisé « Super » a ouvert grand les fenêtres d’une chanson hexagonale qui cherchait de nouveaux repères. Père d’une nouvelle vague et éternel outsider. C’est le charme de ce chercheur invétéré de la simplicité mélodique qui reconnaît qu’il pourrait intituler tous ces disques « je ne sais pas ». Il y a beaucoup d’humilité et d’intimité naturelle dans ces chansons dénudées. Portées plus que jamais par une écriture souple, et une voix idéalement timbrée pour les berceuses et comptines.

Extrait de « J’entends des airs »

Il y a comme un tendre aveu dans cette façon d’exprimer une forme de possession naturelle vis-à-vis de son art. L’autodérision naturelle est souvent présente au bout de chaque couplet mais la richesse musicale de Mathieu Boogaerts s’est encore intensifiée dans sa volonté d’offrir beaucoup avec peu.

Extrait de « Minuit »

Cet album, le meilleur depuis longtemps est aussi le résultat de ces rendez vous réguliers pendant un an avec ces 15 000 personnes, qui ont forgé la beauté singulière d’un répertoire qui n’a d’autre artifice que le lien indéfectible et mystérieux que Boogaerts a réussi a tisser avec cette tendre et païenne chapelle de l’enfance de l’art.

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