Ce matin vous nous présentez le quatrième album du Montréalais Patrick Watson. Douze chansons qu’il a enregistré avec son groupe dans son propre local de répétition, pour donner du temps au temps, et se donner une chance de réussir un album conçu à l’ancienne.

C’est une belle histoire que raconte Patrick Watson lorsqu’il évoque la tonalité de son nouveau disque. Un jour, arrêté pour faire le plein au bord d’une route du Grand Canyon, il est abordé par un homme, sorte de poète céleste qui dans une langue métaphorique lui conseille de parler à ses instruments de musique. De retour au studio, il s’en souviendra. Il raconte à ses musiciens cette rencontre, qui ressemble à celle qu’il aurait pu faire avec un messager. Et engage ce dialogue en offrant à ses nouvelles chansons le privilège d’être l’enjeu d’une conversation à la fois intime et ambitieuse entre chacun de ses musiciens et son instrument.

Extrait de « Step out for a while »

Patrick Watson, 30 ans, pianiste qui a fréquenté autant le jazz que la musique classique et la pop est aussi ce chanteur à la voix d’une beauté renversante. Une voix de falsetto qui parle au corps et à la tête, une voix ailée qui s’intéresse dans ce disque aux gens ordinaires qui ont une vie extraordinaire. Ces foules sentimentales comme le chantait Alain Souchon. Ces foules qui pensent en silence, ces foules qui pensent donc qui sont, dans un monde qui contraint la multitude à gommer les identités.

Extrait de « The Quiet crowd »

L’album de Patrick Watson s’intitule « Adventures in your own backyard », une façon pour lui d’affirmer que ce qui l’intéresse, c’est l’arrière-plan d’une photo, le fond d’une toile ou d’un dessin, le point éloigné d’un paysage, ces arrière-cours qui parlent de nos vies. Ce fond de scène qui révèle l’avant scène. Ou comme dans cette chanson le phare qui révèle l’invisible.

Extrait de « Lighthouse »

Sur le net, on peut découvrir un petit film de 6 minutes où la musique de Patrick Watson illustre des images de Rouyn Noranda, petite ville minière de l’ouest du Québec où Watson prend possession des lieux pour un concert sauvage. Manière de signifier que faire des disques aujourd’hui équivaut à jouer dans un western. Un nouveau western où la rude conquête de l’émotion est un défi.

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