Ce matin vous nous présentez le troisième album de Boulbar, originaire de Rouen, et qui sort ces jours-ci « Motor Hotel », un disque conçu comme un carnet de voyage sonore sur l’Amérique d’aujourd’hui.

En septembre 2010 Boulbar s’envole pour les Etats-Unis. L’idée est de parcourir le pays sans plan de route établi. 8000 kilomètres parcouru dans une sorte d’errance contemporaine où chaque étape est l’occasion d’écrire ses chansons qu’il enregistre sur place avec son matériel de prise de son portable. Le périple démarre à New York au petit matin. Première escale. Burnsville, dans l’état du Minnesota.

Extrait de « Burnsville »

« Je n’envisage jamais une chanson comme un exercice de style. Lorsque je choisis un sujet, j’ai besoin de le vivre. Je cherche l’immersion. ». Ainsi parle Boulbar lorsqu’il décrypte son travail. Tour à tour acteur, écrivain, reporter, l’objectif de l’artiste était de rester dans cette solitude contrainte de la traversée du voyage pour pouvoir être perméable à toutes les sensations et toutes les rencontres. Effet miroir pour Boulbar qui s’identifie forcément au mode de vie de Bukowski, poète de l’errance et témoin affuté d’une Amérique à la dérive.

Extrait de « J’aime Bukowski »

Boulbar a profité de son long voyage en solitaire pour tenir un blog transformant le chanteur en sociologue de l’instant d’une Amérique qui n’exporte pas ses failles. Dans les rues de San Francisco, Boulbar rencontre un Vétéran du Vietnam devenu SDF victime de la politique menée par Reagan dans les années 80 avec la fermeture des centres qui s’occupaient notamment des Vétérans du Vietnam. Il rencontre Joe qui faisait la manche dans la rue avec une pancarte « Homeless Veteran » et particulièrement marqué par le sale boulot qu’il était chargé de faire pour éliminer les Vietcongs.

Extrait de « Joe »

Après plus d’un mois de voyage, de conversations avec les internautes qui ont suivi cette chevauchée solitaire, Boulbar nous rappelle avec ce beau disque que le mythe de l’Amérique de Kerouac a la peau dure.

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