Voici le nouvel album de Jacques Higelin. Enregistré au studio La Fabrique à Saint-Rémy-de-Provence et réalisé par Edith Fambuena, il s’intitule « Beau repaire ».

Le grand échalas aux cheveux d’argent nous revient moins haletant, plus posé, en harmonie avec le rythme des saisons. C’est ainsi un doux et timide soleil qui perce dans ces nouvelles chansons, prises en tenaille entre l’amour majeur qui gonfle les cœurs et la mélancolie naturelle d’une tête en l’air au soir de sa vie. Le poète toujours aussi fasciné par l’humeur des préludes, du renouveau nous revient avec quelques chansons conçues comme des bourgeons en train d’éclore.

Extrait de « Seul »

Revenant du royaume de la félicité, c’est le fou chantant qui se réveille à nouveau au chant de la sirène Higelin. Un chant de printemps, une balade au bord de l’eau, des rêves qui flottent dans l’air pourtant vicié, une rencontre impromptue en gare d’Angoulême, le désir de vivre toujours plus fort que la réalité qui plombe les esprits. C’est Higelin qui chante. Dans une brume de matin, en demi-teinte comme revenu de ses envolées lyriques, avec ses semelles de vent aimantées à la terre ferme. Le messager de la joie de vivre est pourtant toujours là…

Extrait de « La joie de vivre »

C’est un nouveau Higelin qui se présente à nous. Moins cabot, plus introspectif. Moins facile aussi, lui qui a toujours chanté en ouvrant les bras, il nous oblige cette fois à venir jusqu’à lui sans démonstration. Avec simplicité. Comme s’il avait réglé les urgences, comme si le chemin qui restait à accomplir ne pouvait se faire qu’en état de somnambule. Chansons pâles, conçues comme des rêves éveillés, visions d’un sommeil paradoxal où l’on croise parfois des visages de l’autre monde comme celui de la divine Barbara.

Extrait de « Être là, être en vie »

Le calme, la lenteur mais encore et toujours la passion qui selon Higelin se partage le temps d’une chanson avec une actrice, Sandrine Bonnaire, exaltée de vivre ainsi un de ces rêves d’adolescente passée à écouter ce que Jacques avait à dire.

Extrait de « Duo d’anges »

Douze chansons à l’allure de nuits blanches sans angoisses. C’est le « beau repaire » d’un chanteur toujours irradié par la vie, qui jusqu’à son dernier souffle, chantera la couleur des rêves les plus fous. Les moins sages à l’heure du sage.

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