Ce matin vous nous présentez le 8ème album de Batlik, intitulé « le poids du superflu ». Batlik dont la particularité est d’être viscéralement indépendant, se proclamant dans sa biographie fantaisiste « l’artiste le plus contre-productif d’Europe ».

Pour bien comprendre Batlik et percer à jour son regard de biais sur sa propre condition humaine, il faut écouter cette chanson clé qui donne une substance singulière à la capacité de résistance d’un artiste qui donne sa raison d’être à l’échec, au ratage systématique, aux perdants magnifiques.

Extrait de « De la même façon »

Sa biographie place le curseur de l’auto dérision en très haute altitude. Ainsi l’artiste le plus contre productif d’Europe sort un album tous les ans depuis 2004, signalant une première crise de calcul rénal en mars 1987, puis l’évanouissement d’une fan dès son premier concert, le refus d’une offre de contrat chez Warner en 2006 qui déclenche illico une grève de la faim de son producteur de spectacle. Enfin un an plus tard l’ouverture d’une nouvelle voie, celle des artistes en décroissance. Ainsi va la vie d’un artiste né sous l’arc de l’indépendance, qui n’en livre pas moins des chansons qui ont du chien. Et qui malgré sa prolixité sait parfaitement chanter la peur du syndrome d’Icare, comprenez le vertige de la page blanche.

Extrait de « Le poids du superflu »

Batlik c’est en premier lieu un style. Un mélange habile de poésie du réel avec un sens de la métaphore. Comme s’il prenait un malin plaisir à ne jamais vouloir être saisi. Batlik aime la danse des mots. Il chante l’addiction, le temps qui passe, la démocratie qui endort, les envies de se lever et de s’indigner pour de bonnes raisons, l’amour passion qui tue le cow boy en chaque homme, ou encore la solitude qu’il assimile à la mer d’Aral.

Extrait de « La mer d’Aral »

Nouvelle équipe de musiciens, Batlik a mis du groove dans son moteur qu’il est contraint de laisser tourner en permanence pour vivre. C’est la difficile condition d’un artisan de la chanson qui dit avec clairvoyance « ce que je reproche à l’industrie musicale, c’est d’être une industrie ». Les 11 et 12 mai Batlik sortira du maquis pour installer sa petite entreprise au café de la danse, à Paris.

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