L’année dernière, lors d’une chronique consacrée au renouveau de la musique brésilienne, vous nous aviez fait découvrir la jeune chanteuse Céu, originaire de Sao Paulo. Elle revient cette semaine avec un nouvel album qui confirme toutes vos espérances.

Céu est plus qu’une chanteuse. Elle incarne le renouveau de la musique brésilienne en tissant une vraie passerelle entre l’immense et riche mémoire musicale de son pays et sa volonté de trouver une essence rock dans une musique qui ne le sera jamais.

Extrait de « Falta de ar »

La tendance est décidément aux albums conçus comme des carnets de voyage. C’est encore le cas avec Céu qui nous offre deux voyages en un. Le premier est celui qu’elle nous invite à faire avec sa voix à la fois moite et déchirante, et la multitude de sonorités latines qu’elle défriche. Le deuxième est celui que Céu a effectué du Nordeste de son pays jusqu’à sa ville de Sao Paulo. Un périple où les escales sont propices à nous restituer une scène de bar, au bout d’une nuit de karaoké, dont la dernière participante chante son dépit amoureux devant une meute de serveurs et chauffeurs routiers cafardeux.

Extrait (2) de « Retrovisor »

Céu traduit la mélancolie avec un son général à la tonalité très psychédélique où les guitares touffues et grasses viennent peindre un décor d’utopies adolescentes.

Extrait (1) de « Retrovisor »

Céu à qui l’on doit un vrai travail de réfection sur la samba originelle, a cette fois intégré dans son disque de voyage les sonorités du Nordeste. La cumbia, la lambada, le carimbo mais aussi le ska avec cette fascination pour le reggae qui traverse toutes ses chansons ou presque. Et puisque serait un disque brésilien sans cette saudade identitaire que l’on retrouve aussi dans quelques chansons dont celle-ci inspiré du monde du cirque ?

Extrait de«Palhaço »

Le cirque, les gens du voyage, l’album est un hommage à Caravan Rolidei, une troupe d’artistes ambulants qui se déplace à travers le Brésil. Céu qui signifie ciel en brésilien est toujours une belle promesse pour aller au delà des nuages, là où le ciel persiste et reste toujours bleu.

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