Vous nous parlez ce matin, d’un jeune prodige, le pianiste israélien : Yaron Herman.

Prodige est en effet un adjectif qui lui va parfaitement bien puisque Yaron Herman est un pianiste tardif mais ultra rapide, qui a commencé le piano à 16 ans, suite à une grave blessure au genou et qui l’a mis dans l’impossibilité de poursuivre son activité de basketteur dans l’équipe nationale junior d’Israël. Et quand on mal au genou… Qu’est-ce qu’on fait ? Du piano évidemment ! Je me moque, mais Yaron Herman avait besoin de compenser sa suractivité sportive par une autre… En suivant l’enseignement d’un professeur expérimental, qui dispense une méthode basée sur la philosophie, les mathématiques et la psychologie. Et donc même si vous n’avez jamais appris à lire une note de musique et que personne chez vous n’est musicien… Vous pouvez devenir un pianiste et compositeur comme Yaron Herman à condition d’avoir du talent !

Extrait de « Mojo »

Et vous l’entendez, il n’est pas seul dans ce disque… Il est en quintette, accompagné par la crème du jazz mondial actuel : le jeune et très remarqué saxophoniste Emile Parisien, un autre saxophoniste, américain, lui : Logan Richardson, le contrebassiste français Stéphane Kerecki, et le batteur israélien Ziv Ravitz. Et c’est d’ailleurs et aussi pour cela que ce disque me plait : Yaron Herman réunit autour de lui des musiciens d’un peu partout, avec chacun son bagage culturel et musical… Et chacun apporte sa pâte, son jeu.

Il y a une structure, une grille comme on dit, composée par Yaron Herman... Et les musiciens du groupe y ont jeté ce qu’ils ressentaient au moment de l’enregistrement : comme dans cette improvisation suggérée par Yaron Herman autour de deux notes ré-la et enregistré en une prise:

Extrait de « Sunbath »

« Sunbath », un bain de soleil en guise d’improvisation, extrait de l’album de Yaron Herman « Alter Ego » sur le label indépendant ACT.

Alter Ego comme l’autre moi… Un disque dans lequel Yaron Herman avait envie de se montrer autrement, sous un autre jour… se dévêtir de ses "petites" erreurs de jeunesse… Celles qui visent à montrer qu’on sait jouer et TOUT jouer… Ce qui est sans aucun doute le cas de ce pianiste à peine âgé de 31 ans devenu plus mature et sage… à la recherche d’harmonies et de mélodies… Mais sans jamais manquer d’humour… à la scène comme sur le disque, puisque le thème qui va suivre, mélodique et dansant, s’amuse à surfer sur un air qui leur ont fait penser, la première fois qu’ils l’ont joué ensemble, aux falafels (vous savez les boulettes de pois-cassés ) faits maison, d’où ce titre : homemade… Qui sonne un peu comme un falafel, ouvrez bien l’oreille !

Extrait de « Homemade »

Et je vous le disais, Yaron Herman, dans cet autre moi, épure, enlève des notes, ose le silence... Le recueillement et la méditation... Comme dans cette reprise de l'hymne national israélien... Composée par Samuel Cohen et inspirée par un chant roumain de la fin du XIXème siècle... Qui s'intitulait "notre espoir"... Qui signe l'espoir de ce jeune israélien exilé à Paris de voir son pays enfin se réconcilier...

Extrait de « Hatikva »

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