Ce matin vous nous présentez le cinquième album studio de la chanteuse Belge Ann Pierlé. C’est un retour aux sources puisqu’il s’agit d’un disque qu’elle a presque entièrement enregistré seule comme ce fut le cas pour son premier album.

Un dialogue intime entre son piano et sa voix, tout juste habillés de quelques arrangements vaporeux. Ann Pierlé revient donc à elle même, elle que nous avons tout de suite aimé dans cette si singulière attitude, juchée sur un ballon en guise de tabouret de piano semblant toujours jouer en apesanteur avec son instrument, miroir de toutes ces intimes convictions, de ses peurs et de sa volonté de respirer loin des comportements normés, ou formatés qu’imposent la société comme le monde de la musique aujourd’hui.

Extrait de « Strange days »

Ces jours étranges sont ceux d’une promesse d’apocalypse Maya. Ils sont aussi ceux de la mémoire qu’elle veut raviver pour exorciser ses peurs de lendemains qui déchantent. Elle imagine les pensées déchirantes des soldats de la première guerre mondiale, elle tremble en écrivant sur les bombardements de Dresde pendant la seconde guerre. Nouvelle chanson, chanson nouvelle qui s’éloigne des paysages intérieurs de l’amour pour parler d’elle différemment, conséquence peut être d’une maternité qui aiguise les peurs sur le futur

Extrait de « Suburban Skies »

Ann Pierlé excelle aussi dans l’exercice de la reprise. Après s’être attaquée à Jacques Dutronc avec « Il est cinq heures Paris s’éveille », elle s’empare cette fois d’une chanson de Marc Hollis du groupe Talk Talk qui s’inspire du livre de Georges Powers Cockcroft « l’homme dé » qui raconte l’histoire d’un psychiatre qui décide de prendre toutes les grandes décisions de sa vie au dé. Ann Pierlé s’éloigne de l’apparente légèreté de l’original pour creuser jusqu’à l’os le sens et la vérité acide de la chanson.

Extrait de « Such a shame »

Ann Pierlé confie qu’elle aime se perdre dans la musique. Elle a conçu ce dernier disque comme si elle s’était fondue elle même dans un film. Entre le réel et la fiction, exactement au milieu, elle renoue avec la pureté des sens et du sens.

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