Aujourd’hui sort le tout nouvel album de la chanteuse canadienne Feist, quatre ans après le précédent « The reminder » qui lui avait valu une consécration planétaire.

Ce nouvel album s’intitule « Metals ». Il n’exprime pas pour autant un virage musical avec un franchissement du mur du son par des guitares jouées par des chevelus disciples de Motorhead. Bien au contraire.

Extrait de « Bittersweet mélodies »

De toutes les matières, c’est donc le métal que Feist préfère, racontant avec la métaphore au bout de chacune de ses compositions que le métal a été une pièce majeure de chaque civilisation, pouvant être travaillé de toutes les manières et pour tous les usages. Des armes, aux outils, aux bijoux. Le métal comme les chansons nécessitent un gigantesque imaginaire et une énergie sans faille pour être travaillés, sans que l’effort ne soit jamais lisible à l’œil nu.

Extrait de « A Commotion »

Feist s’est repliée dans son garage à Toronto en pensant déjà qu’il lui fallait s’extraire de toutes les tentations urbaines. Elle écrit ses chansons qu’elle met à l’épreuve de sa solitude imposée. Puis elle décide d’aller leur faire prendre le grand air. Celui de la région de Big Sur en Californie. Feist a donc volontairement créé les conditions de la création de son disque. Comme Jack Kerouac s’était retiré de la vie dissolue qui était la sienne pour écrire dans un hangar son roman « Big Sur », Feist a choisi une cabane avec pour seul horizon, les collines, l’océan et ses falaises abruptes. Pour perdre ses habitudes, chercher le silence et retrouver l’espace suffisant pour convoquer son inspiration à l’abri du diktat de l’opinion. Ambiance repos de la guerrière.

Extrait de « Cicadas and gulls »

Les chansons sont travaillées, ciselées, frappées, sculptées avec la voix de Feist comme outil magique. La mélancolie sombre de ce disque est réchauffée par les rayons chauds que cette voix unique et incroyable déploie.

Extrait de « Caught a long wind »

Feist s’est littéralement fondue dans le paysage sauvage et extrême de Big Sur. Elle pose allongée et en apparence tranquille sur la branche d’un tronc d’arbre mort en forme de F. Elle est en contact direct avec les éléments de cette nature sans concession. Feist chante « tout ce dont nous avons besoin est d’une ligne d’horizon ». Avec ses chansons intimes et sans concession, l’horizon est proche.

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