Ce matin vous célébrez le grand retour d’un orchestre composé de musiciens juifs et musulmans séparés par l’histoire, et qui cinquante ans plus tard se retrouvent pour faire revivre leur passion de la musique chaâbi. Leur projet : El Gusto.

Bienvenue en ce début d’année au cœur de la casbah d’Alger des années 50 où dans les cafés, les fumeries et les ruelles la musique populaire algéroise rythmait la vie quotidienne.

Extrait de « Chihlet L’Ayani »

Ils ne se sont pas revus depuis 50 ans, depuis la guerre d’Algérie. Ils sont juifs ou arabes, ils jouent du violon, de la mandoline, de la derbouka, ou du ouds, ils aiment chanter cette musique qui fait oublier la faim la soif et la misère qu’ils transcendent en joie de vivre. C’est ce qu’ils appellent El Gusto. L’aventure de ses grandes retrouvailles, on la doit à Safinez Bousbia, d’origine irlando-algérienne, qui en 2003 à Alger, en se promenant dans la casbah achète un simple petit miroir peint, dans une échoppe tenue par Mohamed El Ferkioui. Ils sympathisent. Il lui raconte sa vie d’avant lorsqu’il était accordéoniste dans le grand orchestre chaâbi dirigé par Cheik El Anka. La jeune femme est bouleversée par cette histoire, et décide de partir à la recherche de ces hommes témoins d’un monde enfoui, séparés par la vie et la guerre. Elle en fera un film documentaire qui ravive cette mémoire d’une musique qui avait le don de dépasser les différences religieuses et culturelles. Le disque El gusto en constitue son émouvante B.O.

Extrait de « Kidjet Daltek »

Construire à nouveau une passerelle entre Alger la blanche et Marseille radieuse, pour ainsi reconstituer le même orchestre que celui des 40 musiciens de la première classe de Chaâbi au conservatoire d’Alger. C’est l’histoire d’hommes qui ont été les porteurs d’une culture musicale crée dans les années 20 par le grand maître du chaâbi El Anka. En 2012 grâce à El Gusto on retrouve le fils du dieu du chaâbi qui se confronte aux derniers survivants de cette mémoire qui renouent avec leur jeunesse à 70 ans, voire 80 et plus…

Extrait de « Je suis pied noir »

Daniel Barenboïm a écrit « dans la musique, nous acceptons la présence permanente d'un contraire, parfois même de rythmes subversifs. » La réalisatrice Safinez Bousbia pourrait réussir le même défi qu’un Wim Wenders lorsqu’il ressuscita la ferveur de la musique afro cubaine du Buena Vista Social Club. Avec en supplément au programme pour El Gusto, l’espoir qu’un jour la musique devienne le plus harmonieux prélude à la paix.

El Gusto : 2 concerts exceptionnels les 9 et 10 janvier au Grand Rex à Paris.

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