Fatoumata Diawara est une jeune artiste de 29 ans, d’origine ivoirienne, à la fois danseuse, comédienne et qui vient de sortir son premier album.

Extrait de « Wililé »

La voix donne le ton. Douce et libérée. Elle chante l’histoire d’une jeune fille qui se rebelle contre les traditions familiales. Fatoumata Diawara est une insurgée. Elle fut la sorcière Karaba dans la comédie musicale Kirikou et Karaba. Incarna Dina, jeune femme violée et devenue folle dans le film « la genèse » de Cheick Oumar Cissoko. Elle fut aussi une des étoiles noires de la compagnie Royal de Luxe pendant sept ans. Aujourd’hui celle que l’on surnomme simplement Fatou prend sa guitare pour chanter bien plus que ses quatre vérités.

Extrait de « Boloko »

« Ils ont coupé la fleur qui faisait de moi une femme, ne coupez pas la fleur qui fait de moi une femme ». Cette chanson, vous l’aurez compris est une charge frontale contre l’excision, implorant toute la société africaine à réfléchir sur ses croyances et pratiques ancestrales. Fatoumata prend la guitare pour parler d’elle, de sa vie voyageuse, de ses nombreuses expériences, de ses convictions, cherchant sa propre voie en se frayant un chemin dans un registre qu’elle dénomme elle-même folk Wassalou, du nom d’une région de l’Afrique de l’ouest marquée par une grande vitalité culturelle. Fatoumata n’est jamais aussi pertinente que lorsqu’elle s’adresse en priorité aux femmes.

Extrait de « Makoun Oumou »

Cette chanson est un hommage à une des grandes sœurs de Fatoumara, Oumou Sangaré, chanteuse malienne, l’une des éclaireuses du combat pour l’émancipation des femmes en Afrique, et activiste économique pour sortir son peuple du chômage et de la précarité en créant des emplois dans quelques secteurs dont l’hôtellerie et l’agriculture. Fatoumata Diawara vit en France depuis 10 ans, se souvient qu’elle a quitté son pays sans l’aval de ses parents. Aujourd’hui elle rend hommage aussi aux clandestins, sans angélisme accusant les responsables politiques africains de rester inertes face à ce nomadisme des temps modernes. « Nos dirigeants ne peuvent-ils rien pour les encourager à rester pour construire ensemble une vie meilleure ? »

Extrait de « Clandestin »

Fatoumata Diawara avec ce premier disque séduit par sa simplicité et sa volonté de ne pas céder à une occidentalisation outrée de sa musique pour passer la rampe. Elle se fie à son instinct et celui de sa voix. La voix dont elle rappelle qu’en Afrique elle est source de guérison.

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