Il y a presque un an, juste avant Noël, vous nous faisiez découvrir le premier EP de Mathieu Lescop, dit Lescop, 33 ans originaire de La Rochelle et ancien membre du groupe Asyl. Cette semaine sort enfin son premier album de 11 chansons qui semble symboliser à lui tout seul, la renaissance d’une nouvelle scène pop française.

Tout a commencé par une invitation à se jeter dans les bras d’une chanson pop, victime de troubles bipolaires. Un conte cruel de la jeunesse. Une forêt sombre, théâtre d’une passion mortelle. En français, cela s’appelle un tube et celui-ci est, croyez-moi, loin d’être creux.

Extrait de « La Forêt »

Chez ce jeune homme moderne, tout part de l’écriture. Il a toujours avec lui, un calepin, un carnet pour jouer avec des spirales de mots. Un synopsis, une scène de cinéma. Un générique de film. La liberté. Celle du cut up entre pop art et surréalisme. Une avalanche de punchlines jusqu’à trouver la meilleure chute. Chez Lescop l’important c’est toujours le style et les addictions littéraires qui le nourrissent. Lorsque l’inspiration vénéneuse de Yukio Mishima croise la nuit, la ville et le désir, ce sont ces trois obsessions de Lescop qui forment une chanson imparable.

Extrait de « Tokyo La nuit »

« De la sueur, du sang et des larmes » ainsi Lescop résume t’il le sourire en coin sa philosophie churchillienne. C’est finalement raccord avec sa passion pour les récits de guerre, pour les chevaliers avec un vrai code d’honneur, San Sébastien, Jeanne D’arc, un samouraï selon Melville ou de vieilles gloires déchues sur un boulevard des crépuscules.

Extrait de « Slow disco »

La schizophrénie volontaire du projet est encore aiguisée par la réalisation du disque que l’on doit à un français exilé à Londres. Un designer visionnaire et sulfureux. Johnny Hostile. Un nom idéal pour semer le trouble dans une pop aux parures sexy mais toxiques, comme en témoigne le son du nouveau single « la nuit américaine ».

Extrait de « La nuit américaine »

Faire du punk avec de la variété. Du plaisir avec de la douleur. Du désir avec de la frustration. De la pop avec des idées noires. Lescop revitalise en cette rentrée 2012, cette France qui n’est jamais aussi grande que lorsqu’elle se rassemble sur ses jouissifs paradoxes.

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