Découvrons le troisième album de Beirut emmené par Zach Condon, personnalité ombrageuse de la pop américaine, originaire de Santa Fé, mais toujours très marqué par la culture européenne.

C’est d’ailleurs la ville d’origine de l’inspirateur du groupe Beirut qui marque la sonorité de ce nouvel album.

Extrait de « Santa Fé »

Une splendide chanson en forme de confession qui marque peut être la volonté du chanteur de Beirut de se réconcilier avec sa ville, éden touristique, dont il s’est toujours senti curieusement rejeté. Souvenir de Zach, exclu des clubs du centre ville alors que les visiteurs d’un soir y entraient facilement, prise de conscience aussi qu’il n’était peut être pas si aisé d’affirmer sa différence et son amour de la France dans une ville où nul ne sait qui est François Truffaut ou Jacques Brel. Car, c’est vrai la culture francophile fut dès le premier album la structure du paysage mental de Beirut. Beirut, c’est aussi l’histoire d’un artiste qui dès son enfance dessinait et écrivait des noms de villes sur les murs de sa chambre. Ses premières chansons, il les baptise Nantes, Cherbourg ou Venise. Aujourd’hui il rend aussi hommage à ses souvenirs d’adolescence lorsque New York lui suggérait un sentiment de solitude extrême.

Extrait de « East Harlem »

On retrouve dans ce nouveau disque tout ce qui fait le son et le charme mélancolique de Beirut depuis ses débuts. Cette empreinte des Balkans, qui croise les tempos à trois temps, l’accordéon et les pianos de cabaret où vient se perdre le spleen d’un chanteur qui dans une autre vie aurait pu devenir un crooner.

Extrait de « Goshen »

Ce disque a été enregistré dans une cabane isolée au nord de l’état de New York. Besoin de revenir à l’intime, à une forme de solitude et d’introspection pour celui qui fut propulsé à 17 ans dans la lumière et qui fut tout de suite considéré comme un phénomène dans la pop music au point peut être de ne pas pouvoir assumer cette singulière pression psychologique. Dépressions chroniques, accès de paniques soudaines, peur de ne plus pouvoir écrire, Zach s’est trouvé une identité dans Beirut qui lui a permis de survivre à ses démons.

Extrait de « Vagabond »

Même si la tonalité du disque reste très mélancolique, Beirut s’offre avec ces 9 titres un futur serein à celui qui en 33 minutes nous donne la nostalgie d’un bon 33 tours.

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