Voici le premier album d’un groupe de rock exclusivement féminin. Son nom ? Mensch.

Carine Di Porta et Vale Poher, deux filles, une basse vrombissante, quelques claviers et une boîte à rythme. Ambiance noire, sexy, interlope, c’est comme si l’on retrouvait la mythologie du krautrock berlinois, un soupçon de la sulfureuse Siouxsie, et l’empreinte de la sueur d’un club new yorkais des années 80. Mensch, c’est aussi et surtout le besoin de traduire l’urgence vitale d’exprimer des sentiments bruts. Effet stroboscopique garanti.

Extrait de « Kraut ever »

Mensch c’est l’association de deux personnalités très engagées dans une forme d’activisme culturel. L’une a trimballé sa détermination dans les milieux du théâtre, de la musique de film et l’art contemporain, l’autre a fait ses armes dans le milieu underground lyonnais avec une participation notable dans le groupe Le Peuple de l’herbe. Leur rock tendu griffe l’épiderme. Immédiat et sans concession, c’est aussi paradoxalement leur minimalisme qui intensifie leur propos. Ce qui donne ainsi des titres accrocheurs, efficaces parce que furieusement mélodiques.

Extrait de « Swim swim »

Dès lors qu’il s’agit de parler de rock il est toujours question bien sûr de musique mais aussi bien souvent de posture, ou de l’attitude comme disait l’autre. Les deux filles de Mensch revendiquent le fait d’être sur scène ni spécialement charmantes ni volontairement aguicheuses. Alors qu’elles en possèdent tous les atouts, elles préfèrent jouer sur la séduction naturelle de l’alliance de leurs deux voix aériennes.

Extrait de « Sublime »

Il faut écouter les huit chansons de ce disque sorti en dehors des circuits balisés. Il nous invite à renouer avec une revendication au parfum punk « dance and die ». Danser et mourir. On peut aussi leur dire que leur musique ravive le slogan « danser c’est vivre ».

Les liens

La page de la chronique "Encore un matin" sur Facebook

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.