Ce matin, vous nous présentez le premier album de la chanteuse Robi dont elle a composé et écrit toutes les chansons, avec la complicité d’un musicien arrangeur américain, Jeff Hallam.

C’est un duo qui n’en n’est pas un. Chloé Robineau alias Robi a trouvé son double de création. Un américain à Paris qui l’aide à aller au bout de ses idées et arrange ensuite ces morceaux. Ensemble, ils inventent une musique parfois glaçante d’une versatilité séduisante. C’est de la chanson froide qui chauffe au fur et à mesure qu’elle déploie ses obsessions. Une chanson qui possède sa propre mécanique des fluides. Robi chante presque toujours d’une voix blanche ses intimes intuitions. Et c’est ainsi qu’elle accroche.

Extrait de « On ne meurt plus d’amour »

L’album s’intitule « L’hiver et la joie » et ce n’est pas forcément pour signifier une attraction systématique pour les contraires. Même si l’album joue parfois sur l’ambivalence, le dédoublement, Robi chanteuse se présente sans détours, entière, faisant fi de toutes les concessions. Un bloc d’évidences crues, de vérités propres scandées avec la rigueur métronomique d’une boîte à rythme…

Extrait de « Ma route »

C’est un disque aiguisé, fait de chansons saillantes, indisciplinées dans le fond mais toujours tenues dans la forme. Comme si Robi en maîtresse femme s’obligeait à mater ses propres vertiges, et sa violence intérieure. C’est un travail sur le trouble. Robi questionne à l’infini « Où suis-je ? » et l’on reconnaît en elle cet attachement viscéral à la question plus qu’aux réponses toutes faites. Robi chante comme elle interroge avec le compagnonnage assidu de ses claviers obsédants.

Extrait de « Je te tue »

Ce disque est aussi un hommage à une époque qui voulait sortir du cauchemar attendu et scandé du « no future ». Ces années 80 qui se cherchaient dans la marge plutôt que sous les lumières aveuglantes du Top 50. Il paraît que lorsqu’on rencontre Robi, elle parle peu. Qu’importe puisque tout est dit dans les sillons de ses « chansons fantômes ».

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