Voici le second album de Baloji, artiste rappeur né au Congo en 1978 et naturalisé Belge en 2001, son pays d’adoption dans lequel il a grandit. Son deuxième disque « Kinshasa succursale » renoue avec ses origines congolaises.

Extrait de « Karibu Ya bintou »

Son nom, Baloji, signifie « sorcier ». Il dit lui-même « Au Congo c’est synonyme de mal, comme ici de Lucifer ou Judas ». C’est donc lourd à porter et c’est en premier lieu avec son prénom que Baloji a du commencer sa propre œuvre de réconciliation. Mais c’est sans nul doute avec la publication de ce nouveau disque que Baloji s’est enfin réconcilié avec lui-même et ses origines. Il part à Kinshasa et enregistre en six jours un disque, terre d’accueil sonore de tout ce que le chaudron congolais compte de voix et de musiciens

Extrait de « Karibu Ya Bintou »

On sent parfaitement dans ce disque l’envie de restituer la vitalité musicale du pays. Ca fuse de partout, 45 musiciens ont débarqué dans le studio mobile de Baloji et l’on saisit parfaitement les danses improvisées autour d’un micro, on sent la sueur, la poussière, les amplis par forcément bien réglés, le plaisir ultime de jouer, de chanter et d’être dans le partage au service de cet enfant de la diaspora qui devient alors le porte voix des idées interdites dans son pays

Extrait de « Tout ceci ne nous rendra pas le Congo »

L’histoire de Baloji est aussi celle d’un musicien qui se souvient que lorsqu’il vivait adolescent à Ostende, il fut bouleversé par Léo Ferré et Marvin Gaye à qui il rend hommage avec cet éternel besoin de dire lui aussi qu’un jour il faut rentrer à la maison

Extrait de « Nazonki Nadako »

Baloji nous montre un visage singulièrement émouvant, n’hésitant pas à assumer sa fragilité dans la vitalité anarchique d’un pays toujours en devenir. « Mes repères sont chamboulés. J’ai du mal à familiariser avec ma famille d’emprunt. » Rien n’est plus beau qu’un artiste qui crée une œuvre pour se rassembler. Aux dernières nouvelles le sorcier Baloji est un hommage au guérisseur qui l’aurait sauvé de la maladie. Le mal s’est transmuté en bien.

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