Ce matin vous nous présentez le deuxième album de Devon Welsh alias Majical Cloudz, originaire de Montréal. Un disque conçu dans le sous-sol de la maison familiale, et en autarcie avec le producteur Matthew Otto, enregistré avec des moyens somme toute sommaires. Effectivement, l’album démarre et vous êtes immédiatement immergé dans un décor simple qui ne trompe pas. Un micro, un sampler, un clavier et beaucoup d’émotions qui semblent surgir d’une volonté pour Devon Welsh de se laisser dépasser par ses propres chansons.Extrait de « This is magic » Cette chanson pose les fondamentaux de ce disque sans concessions. Arrangements minimalistes, des paroles limpides qui se posent sur cet effet de boucle hypnotique, comme une prière. S’il est question d’énergie, elle est outrageusement émotionnelle. Comme s’il s’agissait pour le chanteur de nous mettre en confiance pour la confidence. Les claviers s’insinuent, fleuve tranquille pour permettre à la voix de pouvoir flotter. On a la sensation étrange que le disque a été enregistré en une seule prise, dans les conditions du direct. Comme si ces chansons sombres et horizontales ne pouvaient pas accepter d’être reprisées. C’est une sorte de paradoxe délicieux. Majical Cloudz est un projet électronique qui sonne comme s’il était délibérément acoustique.Extrait de « Silver rings » Devon Welsh est très inspiré par les chansons d’Eliott Smith et d’Arthur Russel. Nous ne sommes pas loin non plus des performances remarquables du nouveau prodige anglais James Blake. En cela, Magical Cloudz est un disque d’aujourd’hui, qui témoigne de cette nouvelle économie de moyens dans laquelle beaucoup d’artistes puisent aujourd’hui leur inspiration. Dehors il y a la crise, l’inquiétude, et les peurs. A l’abri du monde, naissent ces projets artistiques de l’intime, irrigué par une sorte de liquide amniotique protecteur. Extrait de « Turns turns turns » L’album s’intitule « impersonator » ce qui désigne logiquement une personne qui s’amuse à se prendre pour quelqu’un d’autre. Ce qui témoigne encore une fois et jusqu’au bout du goût du paradoxe de ce si personnel Majical Cloudz.

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