Laurence Peuron, vous nous parlez ce matin du nouvel album de Daniel Johnston sorti le 26 avril dernier. Un artiste américain étonnant.

Daniel Johnston
Daniel Johnston © Justin Ng/PHOTOSHOT/MAXPPP

Oui, Daniel Johnston appartient à cette légende maudite du rock, celle qui depuis Robert Johnson veut qu’il faille nécessairement payer son tribut au diable lorsque l’on se frotte de trop près au génie. De Kurt Cobain, à Brian Jones, Jimi Hendrix, Jim Morrisson ou Syd Barret avec lequel il a en commun de n’être pas mort à 27 ans, il en a 61, et d’avoir passé quasiment toute sa vie entre hôpitaux psychiatriques et camisole chimique.

Parce qu’elle est très belle et qu’elle dit bien le type qu’il était à 20ans, je me permets un petit retour en arrière: Lousy Weekend.

Extrait de Lousy Week end

Daniel Johnston, Lousy Weekend…week end pourri

La chanson est accompagnée d’un petit film d’animation réalisé au crayon. Daniel Johnston dessine depuis toujours, un trait à la fois très sûr et très enfantin. Lorsqu’il a commencé à chanter, il distribuait ses musiques sur des cassettes enregistrées accompagnées de dessins.

L’album qui vient sortir est en réalité la bande son d’un comics qu’il a publié l’an dernier. Space Ducks. Les canards de l’espace. En voici le thème.

Extrait de Space Ducks

Space Ducks de Daniel Johnston qui est en réalité un album collectif

Oui parce Daniel Johnston est un artiste culte pour toute une génération de musiciens à commencer par feu le chanteur de Nirvana Kurt Cobain. Son génie d’écriture et son histoire aussi n’y sont pas pour rien. Depuis le jour où il fait se crasher le petit avion dans lequel son père le ramenait d’un concert, il est diagnostiqué schizophrène. Lui dit qu’il lutte contre Satan.

Le problème c’est que le diable était aussi dans les maisons de disques ce qui n’aide nécessairement à atteindre le firmament en terme de notoriété. Pourtant en 1995, Larry Clark lui prend 2 chansons pour son film Kids plus récemment Tom Waits, Beck, Eels, les Flaming Lips ont chanté ses textes. Et sur ce dernier disque Daniel Johnston a convié de jeunes artistes, parmi lesquels le britannique Jake Bugg. Une sorte de de Bob Dylan de 19 ans.

Man on the moon

La version infiniment plus poétique, Johnston la raconte dans le très beau documentaire que lui a consacré Jeff Feuerzeig : « The Devil and Daniel Johnston ». Il est tombé fou amoureux d’une fille lorsqu’il avait 17 ans mais elle l’a quitté pour un croquemort. Avec ses chansons et ses dessins, Daniel Johnston continue, inconsolable, d’essorer cette peine immense.

Mountain

Il lui dit qu’il l’aime encore et voilà comment d’un besoin de consolation impossible à rassasier survit Daniel Johnston et sa poésie si singulière.

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