Après une quinzaine d’albums en bientôt trente ans de carrière solo, le chanteur Kent est de retour avec un album piano voix baptisé « Le temps des âmes » et qui a trouvé sa première source d’inspiration à Berlin.

Tout a commencé dans un cabaret du quartier de Kreutzberg à Berlin. Kent est invité à chanter deux soirs avec un pianiste, Marc Haussmann. Déclic. Révélation. Miracle. C’est un recommencement pour celui qui en trois décennies a épuisé avec la force d’un jusqu’au boutiste toutes les formules musicales. A l’ombre des ailes du désir, il reconnecte précisément avec le désir d’écrire. Et ça commence par une magnifique lettre d’amour à Berlin

Extrait de « Ombres berlinoises »

C’est à Berlin que le pouls de Kent bat le moins fort. Sur les bords de la Spree, le volcan intime de ce garçon qui s’y connaît en nuées ardentes a retenu sa lave et ses larmes. Le temps qui passe, c’est un fils qui vous échappe, c’est le monde d’aujourd’hui qui ne connaît plus que la vie en plein jour, ce sont tous ces mots qui ont valeur de bilan, qui parfois écorchent le coeur. Difficile de croire en l’éternité. « Le temps des âmes » c’est essayer de vieillir bien sans craindre d’être hors d’usage. L’occasion de reprendre avec maestria une chanson de Jacques Brel, retrouvée il y a quelques années...

Extrait de « Avec élégance »

Kent, l’ex-punk du groupe Starshooter, a très vite su appliquer en solo le principe de rage et de sueur à la chanson française. Ce surmoi d’une expression réaliste que l’on retrouve parfois dans ce disque notamment pour évoquer la fierté d’un amour qui dure.

Extrait de « Notre amour »

« On fait c’qu’on peut », « je suis un kilomètre », « un peu de Prévert », « l’idole exemplaire » « j’aime un pays », « Tous les mômes » « Juste quelqu’un de bien », les grandes chansons de Kent sont des petits coins d’éternité. Elles ont forgé la cuirasse d’un homme douloureux et volontaire à la fois. Un homme capable de s’asseoir cinq minutes avec nous pour goûter à l’indicible légèreté de l’être, alors qu’il devrait être logiquement méchamment alourdi par le poids de l’expérience.

Extrait de « un jour sacré »

Enregistré au cœur de la campagne alsacienne chez Rodolphe Burger, réalisé par Ian Caple l’homme des Tindersticks et des fantaisies militaires de Bashung, ce nouveau disque de Kent, à contre temps de notre époque, prouve que nous sommes finalement peu de choses, sauf dans nos passions...

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