Voici le nouvel album du pianiste de jazz Grégory Privat qui s’intitule « Tales of Cyparis »

Extrait de « Phinéas »

Cyparis c’est un personnage entré dans la légende aux Antilles, pour avoir survécu à l’irruption de la montagne pelée en 1902 à Saint Pierre à l’époque où Saint Pierre était encore la capitale de la Martinique. Un homme de mauvaise réputation connu pour avoir eu un drôle de destin. Condamné à une peine d’un mois de prison pour avoir blessé un homme lors d’une bagarre. Il réussi à s’évader, on le remet dans un cachot. Et c’est grâce à l’épaisseur des murs de sa prison qu’il parvient à se protéger de la nuée ardente qui détruit tout sur son passage lors de l’irruption du volcan. L’homme en sort blessé, brûlé mais presque seul vivant. Plus d’un siècle plus tard voici une musique aussi brûlante et tellurique que son histoire, ouverte sur une multitude de styles en faisant appel à des musiciens d’horizons différents. Les doigts agiles de Grégory Privat dansent, mains effrénées, joyeuses, fluides, sur les touches d’un piano vaisseau.

Extrait de « Ritournelle »

L’histoire de Cyparus est aussi celle d’un voyage, une forme de nomadisme créatif au cœur du premier cirque américain, le cirque barnum qui fait alors de lui une bête de foire. Grégory Privat s’inspire de cette vie de saltimbanque pour travailler au cœur du rythme, et imaginer un travail modelé autour des percussions qui tour à tour saupoudrent ou enveloppent, jouant à cache cache en permanence avec le piano jusqu’à parfois se confondre.

Extrait de « barnum circus »

Cet album exhale toute l’essence subtile des caraïbes qui s’évapore de l’ébène du piano en effluves discrètes. Ni négritude, ni doudouisme, on sent confusément l’inconscient collectif de la Martinique comme tatouée dans cette œuvre qui oscille entre une énergie souterraine et un romantisme musical. Illustré notamment avec la voix élastique et sexy du chanteur suédois, Gustav Karlstrom, fils de la chanteuse Elizabeth Kontomanou

Extrait de « Four Chords »

Ceci est un disque de mémoires et de racines qui puise à la fois dans le patrimoine de l’histoire populaire martiniquaise tout en rendant hommage inconsciemment aux influences que lui a légué le père de Grégory, un certain José Privat, lui même pianiste du groupe antillais Malavoi. Un véritable album de passeur.

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