Partons à la découverte du premier album du groupe français « The Chase », qui confirme bien la teneur de cette enquête du quotidien Libération du week-end dernier qui expliquait que la planche de salut des musiciens est désormais de placer sa chanson pour les besoins d’une pub télé.

Et ce n’est pas la première fois que je vous parle d’un titre propulsé aux oreilles du grand public par ce biais là. Parfois le titre de la chanson finit même par se confondre avec le nom de la marque de la voiture en question.

Extrait de « Butterfly (in my stomach) »

Est-il vraiment venu le temps où l’on va se mettre à découvrir la musique en subissant la publicité à la télévision, ou faut il se réjouir d’observer que les artistes ont aujourd’hui trouver le moyen de compenser leur déficit de revenus grâce à la synchronisation de leurs musiques sur des spots vantant la fiabilité et le profilage de telle ou telle bagnole ? Le temps qui m’est imparti n’est pas assez long pour pouvoir répondre à cette question. Il n’empêche qu’il permet aujourd’hui au très doué, Cyril Douai, fondateur du projet, de pouvoir sortir son album dans des bonnes conditions. Et d’assumer une musique aux atours radiophoniques alors qu’au démarrage de son histoire, il fut l’un des auteurs compositeurs du groupe les Acrobates, qui lorgnait plutôt du côté de Miossec ou de Dominique A. Les soupçons de produit spécial marketing sont levés par la tonalité même de ce disque qui regorge d’imparables chansons pop emmené par la voix délicieuse de Sophie Moryoussef, sorte de Betty Boop mutine qui aurait pris des sérieux coups de soleil dans sa voix.

Extrait de « It could be nice »

La musique du groupe « The Chase » est née dans les bleus du ciel éclatant de Montpellier avec l’envie de communiquer ce plaisir de la danse comme au bon vieux temps des disques de Manchester qui eux étaient imaginés dans le gris. « Pour moi, Manchester, c'est la musique anglaise typique, un art ouvrier, avec des mélodies et des textes simples ! » Cette ligne du parti est suivie à la lettre par Cyril Douai.

Extrait de « What’s in your eyes »

Le plus réjouissant dans ce disque, c’est sûrement sa capacité à vous rendre heureux sans réfléchir, avec des titres construits comme une sorte de course effrénée de bord de mer, suite de cavalcades adolescentes, idée du mouvement perpétuel, celle du western de Francis D Lyon « L’infernale poursuite » (titre original : The Great Locomotive Chase ) dont est tiré le nom du groupe « The Chase ».

Extrait de « keep an eye on that line »

Varié et insolent par son ambition, l’album du groupe « The Chase » illustre la meilleure façon de surfer sur la vague d’une musique au temps de la crise. Puissions-nous espérer que le débat sur l’exception culturelle française puisse à son tour prendre la 7ème vague avec de grands albums, cette fois en Français.

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"Le disque dans le sillon de la pub" : l'enquête de Libération Dans un marché en déclin, les musiciens placent leurs œuvres dans des spots publicitaires, des jeux vidéo ou des films. Une planche de salut pour la création.

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