Six mois après la sortie de « Director’s cut » qui revisitait quelques uns de ses anciens morceaux, Kate Bush revient avec un nouvel album dont le thème d’inspiration central est la neige.

« 50 Words For Snow », comprenez 50 mots pour définir la neige, tel est effectivement le titre de ce nouveau disque composé de sept longues plages musicales dont il est difficile de choisir un extrait tant ces compositions en escaliers harmoniques nécessitent d’écouter chaque titre en entier. Et pourtant Kate Bush n’a pas oublié qu’elle compose des chansons, mais elle possède sa propre notion de l’architecture d’une composition. Alors comme elle est de toute éternité une exploratrice artistique, elle s’impose ce concept qui consiste à construire des paysages sonores figés par la neige. Kate Bush renoue avec le meilleur d’elle-même. Elle fait parler un flocon, métaphore de cette quête de légèreté qu’elle incarne avec sa voix qui balance entre son vécu et la légèreté cristalline d’une jeunesse qui s’enfuit…

Extrait de « Snowflake »

A l’écoute de cet album, on a la sensation que Kate Bush a tenté de donner à chacun des instruments qui l’accompagnent une couleur qui pourrait évoquer les éléments d’un jour de neige. C’est le piano dont elle joue qui forme la colonne vertébrale de son bonhomme de neige mélodique. Par son toucher lancinant, obsédant, elle nous évoque la lourdeur sensuelle qu’il y a à marcher dans une neige fraîche. La rythmique assurée par l’immense Steve Gadd transcende le son de sa batterie en pulsations qui font slalomer ses morceaux dans une poudreuse jouissive.

Extrait de « Misty »

La voix élastique de Kate Bush cherche encore à caresser l’ivresse des hauteurs mais elle assume aussi ses fragilités. Ce disque est avant tout celui des grands espaces qui semblent s’immobiliser sous la neige, où la respiration s’écoute et le silence s’impose. Et même s’il ne cède rien à la facilité mélodique, l’album est profondément généreux parce qu’on y sent une artiste vibrante, impliquée dans son désir de nous faire partager ses rêveries hivernales, où chaque musicien prend toute sa place comme ici Elton John.

Extrait de « Snowed in at Wheeller street »

Un disque pour l’hiver, encore un… Il est signé Kate Bush dont la voix nous fait fondre comme neige au soleil alors que son parcours possède la ténacité d’une neige éternelle. Vous l’aurez compris, Kate Bush a bien choisi son sujet.

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