Ce matin vous nous présentez Valérie June, une artiste américaine, originaire de Humbault près de Jackson dans le Tennessee. Auteur compositeur interprète, après quelques années passées à se produire dans les bars, elle est repérée par Dan Auerbach, le chanteur et guitariste des Black Keys qui décide de la produire.

Valerie June
Valerie June © ©Justin Ng/PHOTOSHOT/MAXPPP

Et cela donne cet album « Pushin’against a stone », plein de onze chansons qui fleurent bon l’Amérique profonde, la terre des ancêtres et de ses pionniers qui voulaient à tout prix édifier une grande histoire, parfois au prix de chants de souffrances.

Extrait de « Workin woman blues »

L’histoire, c’est celle d’un pays neuf, libre continent où la douleur s’exilait dans le chant des églises. Valérie June enfant et adolescente, poussé par son père, ira deux fois par semaine à l’église avec l’obligation de chanter et de promotionner le gospel. Il lui en reste aujourd’hui encore quelque chose même si sa musique est d’abord inspirée par le blues de la rue.

Extrait de « Somebody to love »

Valérie June est un pur joyau de la musique roots du sud des Etats Unis et de sa diversité. Après tout, c’est la terre de naissance de l’éclaireur Carl Perkins, mais c’est aussi une terre d’accueil du gangsta rap aujourd’hui. Valérie June est au croisement de toutes ces musiques qui racontent l’identité d’un pays écartelé entre le désir de témoigner de son histoire et la tentation parfois de ne s’inscrire que dans la réalité présente. Ce qui fait le lien entre ces contradictions naturelles, c’est sans nul doute la voix unique de Valérie June qui est à la fois celle d’une très vieille âme et d’une enfant découvrant sans pathos que son destin sera de pousser un rocher toute sa vie pour exister et se faire écouter.

Extrait de « Pushing against a stone »

L’album est celui d’une femme simplement engagée dans son propre héritage. C’est la voix ouvrière des démunis, des oubliés, des rejetés. C’est aussi celle de la réconciliation grâce au patrimoine commun que constitue la musique qu’elle parvient même à confronter au silence comme dans ce titre impressionnant.

Extrait de « Shotgun »

J’ai eu la chance de rencontrer Valérie June, dont le charisme impressionne tout ce qu’elle touche. Arborant une chevelure fascinante, magnifique entrelacs de dread locks édifié en sculpture mouvante depuis plus de 12 ans, elle paraît telle qu’en elle-même. L’histoire et ses racines coiffent cette jeune femme d’aujourd’hui.

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