Il y a quelques mois, vous nous faisiez découvrir une chanteuse bosniaque dont le disque était réalisé par le pianiste de jazz Bojan Z. Aujourd’hui il revient en piano solo. Le premier album depuis 10 ans.

La passion et la patience se conjuguent avec harmonie lorsqu’il s’agit de Bojan Z arc bouté sur sa raison d’être en tant que musicien. On ne réalise des disques que lorsqu’il s’agit d’une question de survie. Bojan Z s’est volontairement mis en position de repli depuis quelques années, vivant à la campagne sans télévision et loin des tumultes du monde. C’est de ce choix personnel qu’est né son nouveau disque. La notion d’abri, de carapace a donc sollicité le concept de ce disque. D’où le titre « sweet shelter of mine » que l’on peut comprendre par « mon doux cocon ».

Extrait de « Sweet shelter of mine »

Ce doux cocon est celui de l’auditorium des pianos Fazioli dans la ville italienne de Sacile, non loin du val de Fiemme où se trouvent les forêts dont est titré le bois avec lequel on fabrique les pianos. C’est un retour aux sources, à la matrice même de la création. Composer et improviser dans une disposition presque intra utérine. La où tout nait. Là où tout commence. Avec pour Bojan Z le surgissement prodigieux de sa culture européenne. Quelque chose de purement ottoman. La fierté d’une identité slave et méditerranéenne à la fois.

Extrait de « Sabaye Blues »

Dans ce nouveau disque Bojan Z donne toute la mesure de son âme ombrageuse et de ces incessants questionnements. Il joue quelques morceaux au Fender Rhodes, autre énergie comme un moteur électrique, et se laisse submerger par les racines du folklore bulgare ou l’empreinte d’un rythme oriental. Sans non plus oublier son rêve d’Amérique qu’il nous transmet à travers sa profonde admiration pour Duke Ellington qui incarne pour lui le mystère de la création et du jeu.

Extrait de « On a turquoise Cloud »

Le studio que Bojan Z avait choisi comme un abri est en fait situé à quelques kilomètres de la base aérienne de l’OTAN, d’où décollaient les avions chargés de bombarder la Yougoslavie à la fin des années 90. 20 ans plus tard c’est le ballet des avions qui intervenaient en Lybie. L’abri a pris tout son sens. On est toujours rattrapé par sa propre histoire. C’est ce qui donne encore plus de vérité à ce disque.

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