Extrait de « Melody »

Aujourd’hui lundi, sort une nouvelle édition de l’album culte « Melody Nelson » de Serge Gainsbourg à l’occasion du 40ème anniversaire de sa première édition.

Et pour donner du relief à cet anniversaire qui pourrait sentir l’exploitation usante jusqu’à la lie, d’un catalogue déjà bien essoré, il faut s’intéresser à la publication de l’album consacré aux sessions d’enregistrement de ce disque majeur de l’histoire de la pop française. On y découvre notamment que le titre d’ouverture « Melody » faisait dans sa prise complète 9’26 sur le master huit pistes alors que l’album nous en avait restitué que 7’32 car le support vinyle original obligeait les techniciens à ne pas dépasser un certain timing pour chaque face… Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans... Allez, c’est donc l’occasion de profiter enfin de cet ad lib de cordes enivrant et pour l’époque totalement inédit dans les disques de variété…

Second extrait de « Melody »

Inspiré du livre de Nabokov « Lolita », Melody Nelson est l’œuvre d’un Gainsbourg éperdument amoureux de sa petite anglaise Jane Birkin, et qui se trouve à ce moment là dans la position ô combien inspirante du créateur qui a trouvé sa muse. Mélange de fantasmes intimes, de rêves artistiques inassouvis et de bribes d’instants vécus, Serge Gainsbourg entre en studio avec son arrangeur Jean-Claude Vannier sans autre idée que de produire un disque expressif qui soit selon les mots mêmes de Vannier : « une histoire romantique, gonflée, et dramatique ». Enregistré entre Londres et Paris au Studio Des Dames, le disque est imaginé sans aucune zone d’influences. Ce qui le rendra unique. Justifiant aussi la traque à l’inédit comme dans cette version de « Ah Melody ». Prise de voix alternative er texte légèrement différent.

Extrait de « Ah Melody »

Drôle de destin que celui de certaines mélodies. Dans un documentaire qui accompagne la sortie de ce coffret consacré à l’album, on apprend d’ailleurs que cette « Melody » avait d’abord servi à une pub pour Martini. Enfin, cette réédition nous fait découvrir un titre qui n’a finalement pas été retenu pour figurer sur la version originale, inspiré par le doudou de Kate Barry, un éléphant à la trompette bouchée dont Serge était tombé littéralement amoureux…

Extrait de « Melody lit Babar »

Aujourd’hui, l’album est considéré comme l’un des meilleurs albums pop de tous les temps, même aux Etats-Unis ! A sa sortie, en France, il ne se vendra qu’à 20 000 exemplaires. L’aimable petite conne fut ainsi la condition sine qua non de l’un des plus beaux destins de l’histoire de la musique pop.

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