Par Elsa Boublil.

Elsa Boublil nous parle cette semaine d’un festival qui a ouvert ses portes en Seine-Saint-Denis vendredi dernier, l festival de jazz Banlieues Bleues… Qui fête d’ailleurs ses 30 ans cette année.

Ses 30 ans de jazz, ou les 30 ans d’une musique qui essaie de tisser des liens à la fois avec un public local, la tradition et le jazz en train de se faire. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai eu envie pour de vous parler ce matin d’un orchestre, le Surnatural Orchestra. Ou plus exactement d’une fanfare de 20 musiciens, qui ont à peu près tous l’âge du festival… Tous musiciens de jazz et donc improvisateurs… Et qui se sont réunis autour de l’envie collective d’à la fois amuser, innover, faire danser mais également de faire entendre le jazz d’aujourd’hui

Extrait de « Eh, machine ! »

Le « surnatural orchestra », c’est le nom, de ce big band qui jouera ce soir et demain au festival Banlieues Bleues, à Pantin…

Le Surnatural orchestra, oui… Comme si l’intention de départ était de jouer dans un esprit avoisinant celui du surréalisme : le surnatural orchestra comme l’idée de repousser aussi loin que possible les frontières et les limites du jazz. Ne surtout pas faire table rase du passé, mais interroger le présent… D’ailleurs : il n’y a dans cet orchestre ni leader ni compositeur attitré. Qui veut composer, compose et si le collectif approuve, alors on se met à jouer le morceau… Le plus difficile là-dedans étant bien sûr de garder l’idée de cette liberté propre au jazz –et donc à l’improvisation !- Et imaginez un peu les difficultés que cela peut engendrer avec 20 musiciens !! Mais ça marche très bien : ils passent beaucoup de temps à jouer, essayer, discuter… Répéter donc… Et à s’écouter ! Ils offrent du coup une musique à la fois cinématographie ET théâtrale :

Extrait de « Choses sauvages »

Le spectacle ce soir sera à l’image de l’orchestre, c'est-à-dire sur le fil. On sait quels morceaux on va jouer mais on ne sait pas à l’avance comment ni combien de temps, puisqu’il n’y a pas de chef d’orchestre, et que chacun et à tout moment peut s’improviser pour un instant « Maestro ». Ce big band use de la méthode du compositeur américain Walter Thompson, qui a inventé le « sounpainting », un langage gestuel pour donner une direction à prendre et ainsi composer en temps réel. Ce soir, donc, et demain soir, le Surnatural Orchestra aura bien entendu établi une liste de morceaux mais tout se fera selon l’envie et l’émotion qui se produiront en temps réel… La bonne nouvelle dans tout ça : c’est que si cet orchestre de l’instant a réussi à exister depuis une décennie, c’est parce qu’ils savent se laisser porter par l’énergie et sont plein d’humour et d’excentricité.

Extrait de « My name is magne »

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Le festival Banlieues Bleues Le festival Banlieues Bleues a 30 ans cette année. Il se tient en Seine-Saint-Denis du 5 au 26 avril.

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