Partons à la découverte du nouveau disque de la pianiste et chanteuse de jazz Tania Maria, originaire de Sao Luis au nord-ouest du Brésil. Elle revient avec un album qu’elle a intitulé « Tempo » et qui mélange standards et compositions originales.

Après la neige et les climats gelés de Kate Bush, cap sur le sud avec le groove sensuel de Tania Maria dont la voix au velouté exquis dans les graves impressionne toujours. D’entrée, Tania Maria nous embarque avec une reprise du standard de jazz « Estate » qui fut popularisé autant par Joao Gilberto que Chet Baker ou Claude Nougaro en France qui fut le découvreur de Tania Maria.

Extrait de « Estate »

« Mon chant est très lié au piano et je n’imagine pas chanter sans lui » dit Tania Maria. Son nouvel album est aussi et surtout l’occasion d’entamer un dialogue musical avec le contrebassiste Eddie Gomez, qui fut le partenaire de Bill Evans et qui s’amuse à improviser avec les compositions originales de Tania Maria. Le croisement du jeu des deux instruments dessine une vraie pulsation, un juste tempo titre du disque qui anime cette intime conversation musicale entre amis.

Extrait de « Yeah man »

Tania Maria remporte son premier prix de musique dans un concours régional où elle s’illustrait au côté de son père ferronnier la semaine, et guitariste le week-end. Sa carrière débute en Europe, dans les années 70, alors qu’elle se considère comme une artiste en situation de survie. On le sait. Le Brésil et le jazz se conjuguent avec harmonie tant la bossa nova a irrigué notamment le jazz des années 60 et 70. Tania Maria, tout en explorant les contrées escarpées de l’improvisation jazzistique a toujours su garder le lien avec la musique populaire de son pays, le choro et ses variations harmoniques, ou encore la samba. Tania Maria, qui s’est fait connaitre aussi en sifflant les notes qu’elle improvise, n’hésite pas non plus à se libérer d’un thème brésilien devenant une fois de plus reine du scat.

Extrait de « Sentado a Beira do caminho »

Tania Maria, à 63 ans, continue de faire souffler un vent de jeunesse grâce à son swing imparable qu’elle livre en liberté au classicisme des fondamentaux du jazz. Mais on le sent bien ce sont les racines qui parlent encore et toujours. Celle d’un Brésil qu’elle considère toujours comme un rythme, une caresse, une célébration ».

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