ce matin à l’occasion de l’anniversaire des 50 ans de France Inter, revenons en musique sur l’année 1963 qui vit naitre notre radio.

Qui dit 1963, dit forcément l’explosion en musique de la bombe yéyé. On parle alors de nouvelle vague, mais aussi de tornade, de bouleversement social, le mot même « yéyé » est inventé par Edgar Morin, sociologue de son état, à l’occasion d’un éditorial rédigé dans le journal « Le Monde », pour désigner cette convulsion de la jeunesse. Oui, ça bourgeonne dans la société française, les hormones sont de sortie en même temps que la jeunesse devient un enjeu économique, mais lorsqu’il s’agit d’être sulfureux c’est encore du coté des croulants que ça se passe. « Croulant » terme utilisé par les copains de la radio d’en face « Europe N°1 » pour ne pas la citer, désignant alors « les vieux », les ainés, vous savez ces ancêtres de 30, 40 voire pire 50 ans. Et pourtant si l’on y regarde à deux fois, ce n’est pas du coté du parti des copains que l’on s’émancipe. Chez les copains tout est encore très sage. Et même si les couettes d’une certaine Sheila, vedette incontestée de l’année 63 viennent crêper le chignon d’un papa plus tout à fait dans le coup…

Extrait de Sheila « Papa t’es plus dans le coup »

Car chez les jeunes, oui on est encore très sage en 1963. Tous les garçons et les filles de leur âge se promènent amoureux, certes sans peur du lendemain, mais les yeux dans les yeux, et la main dans la main, alors Juliette Gréco, elle tient à rester à la hauteur de sa réputation de scandaleuse ardemment conquise dans les caves de Saint Germain des Près.

Extrait de Juliette Greco « Strip Tease »

C’est encore et toujours dans la trilogie des 3 B (Brel, Barbara, Brassens) que l’on trouve et goûte à la licence et à la subversion. C’est en effet en 1963 que la SACEM élit « les trompettes de la Renommée » de Brassens chanson de l’année

Extrait de Georges Brassens « Trompettes de la renommée »

Yéyé contre rive gauche, Barbara enregistre en 1963 « Dis quand reviendras tu » qui sort l’année suivante où elle chante qu’elle n’a pas la vertu des femmes de marin alors que dans les transistors, une certaine Patricia Carli intransigeante ne veut plus voir son amoureux la toucher à la veille de s’engouffrer dans un mariage de raison.

Extrait de Patricia Carli « Demain tu te marries »

Oui, vous l’aurez compris, si les copains effraient les adultes avec leur révolution de velours, ce sont bien les croulants qui font trembler la censure… Et ce n’est pas Colette Renard qui en 1963 s’apprête elle à fêter ses 40 ans en nous contant ses nuits de demoiselle qui va me démentir

Extrait de « Les nuits d ‘une demoiselle »

 Les nuits d ‘une demoiselle
Les nuits d ‘une demoiselle © Radio France

« Les nuits d’une demoiselle », sûrement finalement la plus belle façon de souhaiter un très joyeux anniversaire à notre radio préférée

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