Ce matin vous nous présentez le deuxième album de Hanni el Khatib, ce musicien américain né à San Francisco d’un père palestinien et d’une mère philippine qui a été élu « musicien le plus sexy » de Los Angeles par le magazine Weekly.

Sexy parce qu’il y a bien sûr l’attitude, la dégaine, les tatouages, cette gueule qui fait du prosélytisme naturel pour le métissage. Mais sexy surtout parce qu’il y a toujours cette urgence de jouer ce rock souvent désaxé qui joue cash, avec ses riffs saignants et ses batteries bruyantes, méchantes parfois à vous rendre malade.

Extrait de « Head in the dirt »

C’est le titre de ce nouvel album produit par l’homme de l’année Dan Auerbach des Black Keys, que l’on retrouvait hier matin également derrière l’album de Valérie June. C’est loin du soleil de la Californie que Hanni el Khatib se retrouve donc dans les studios de Nashville à respirer l’histoire d’un certain rock américain qui laisse volontairement les traces de cette sueur qui ne disparaît jamais. Hanni el Khatib fait du rock comme un urgentiste. Pas le temps de réfléchir. Juste celui d’agir. Comme lorsqu’il fantasmait adolescent sur le meilleur d’Iggy Pop et de ses Stooges produit par Bowie.

Extrait de « Family »

L’histoire de Hanni el Khatib est celle d’un gamin qui au pays des migrants a su qu’il n’avait pas d’autre choix que de choisir l’intégration par la langue et le rock. Une première vie comme directeur artistique d’une marque de vêtements pour skateurs où la musique était déjà une évidence. Ou plutôt une nécessité. Car chez ce garçon, le rock est une histoire de vie ou de mort. Ou plus exactement une histoire de vie ou de folie car sans elle le garçon ne donnait pas chère de sa santé mentale.

Extrait de « Penny »

Il y a aussi partout au creux de ses riffs et de ses rimes, cette idée de la vitesse, de l’urgence qui explique par exemple que ce nouveau disque ait été enregistré en moins d’un mois.

Extrait de « Save me »

Collectionneur de vinyles, travailleur invétéré, Hanni El Khatib né en 1981 défie le temps et la jeunesse en allant traquer le son rock garage de l’époque où l’histoire était en train de se jouer. C’est encore et toujours une histoire d’origine qui le gouverne.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.