Partons à la découverte d’un groupe rock, Motorama, originaire de Rostov-on-Don, ville de plus d’un million d’habitants, porte du Caucase, à environ un millier de kilomètres de Moscou.

c On se pose la question, le sourire en coin, à l’écoute de cet album né sous un climat tempéré qui est bien celui de Rostov, berceau de naissance de ce groupe qui cherche visiblement à traquer le rose bonbon, le suc fruité dans une musique normalement affiliée à la noirceur d’un romantisme oppressant et sans horizon.

Extrait de « White light »

Deuxième album pour ce groupe dont la musique est enfin disponible en France grâce à l’exigeant label bordelais Talitres à qui l’on doit également les précieux Evert and the Two Dragons venus d’Estonie, qui furent à l’honneur de cette chronique l’an dernier. Comme si, de façon plus décisive, le rock à l’heure de la toile se levait à l’est, pour prendre effectivement en route la course naturelle du soleil. Le leader Vladislav Parshin, 26 ans a emprunté avec une naïveté insouciante les sentiers balisés des routes de la joie pour tenter d’imposer un nouvel ordre russe qui s’inspire aussi de sa ville natale qu’il qualifie de « ville sale, colérique mais belle et romantique ».

Extrait de « Rose in the vase »

Un chant ténébreux qui implore la lumière, des riffs de guitares entêtants à la croisée d’une empreinte qu’aurait laissé le groupe The Shadows, graissés par les basses nocturnes d’un souvenir de Manchester. C’est de la pop sans frontière et sans âge qui cherche aussi à s’inspirer d’une forme de surréalisme russe, lorsque les aspirations révolutionnaires relevaient aussi en terme créatif du romantisme.

Extrait de « Two Stones »

Le groupe Motorama n’a rien de la geste punk de ses consœurs des Pussy Riots. Mais il se pourrait bien que l’on parle beaucoup de lui cet été sur la longue route des festivals. On pourra alors vérifier s’ils sont comme son chanteur le dit au quotidien Libération « qu’une petite pièce de pop indé, d’une terre d’hiver, de forêts et de belles femmes ».

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