Ce matin vous nous faites découvrir le premier album solo de Michel Cloup qui fut le co-fondateur des groupes Diabologum et Experience qui ont marqué la scène rock française indépendante des années 90. Son album s’intitule « Notre silence »

Un titre judicieusement choisi tant Michel Cloup a pris le parti de faire sonner le silence dans son disque d’une âpreté singulière. Ceci est un album de confessions.

Extrait de « Mon histoire »

Son histoire est celle d’un homme qui n’a pas renoncé à se présenter sans fard. Brut, en noir et blanc comme la pochette du disque. Michel Cloup va à l’essentiel. Il nous parle, frontal avec sa voix qui plonge la tête la première dans nos oreilles. Il faut l’écouter. L’entendre ne servirait à rien. Alors si on est disponible, on prend. On prend tout. La rudesse du propos, la douleur qui fait saigner chaque mot, la colère qui gronde en crescendo, l’absence volontaire de distance entre lui et nous.

Extrait de « la colère »

Tout a presque commencé quand Michel Cloup a perdu sa mère après trois années d’une lutte acharnée contre la maladie. La peinture intime est réaliste. Et le remède est musical. « Recycler cette colère, car aujourd’hui plus qu’hier cette colère est mon meilleur carburant ». C’est elle, cette rage rentrée qui donne de la perspective à ce disque minimaliste sans profondeur de champ. Michel Cloup est bien loin de l’industrie des sentiments. Il réalise une œuvre taillée dans le silex, coupant et cassant le rythme d’une batterie martiale, qui marque au tempo saignant, les confessions intimes d’un plus très jeune homme qui ne semble pas s’habituer au réalisme d’une séparation amoureuse.

Extrait « le cercle parfait »

Réalisé avec la complicité de son batteur Patrick Cautier, Michel Cloup a travaillé sur la pulsation, et sait aussi sortir de sa propre histoire pour nous livrer sans même le sourire en coin sa propre vision fantasmagorique de la culture.

Extrait « un film américain »

Michel Cloup semble plus que jamais acculé à cet impératif de non séduction immédiate. Comme si son œuvre, entre peinture sociale et psychothérapie musicale devait porter l’idée d’un romantisme noir qui lui va si bien. Avec ce disque on apprend à se souvenir que la musique n’est pas toujours une question d’attitude.

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