Retour sur la sortie cette semaine du nouvel album studio de Françoise Hardy qui s’intitule « L’amour fou », titre également de son premier roman qu’elle publie au même moment.

« L’amour fou, c’est celui qui vous dépossède de vous même, tout en vous faisant croire que lui seul peut vous combler » : Ainsi parle Françoise Hardy, qui lorsqu’elle écrit sur l’amour sait mettre à nu comme personne des blessures qui ne cicatrisent jamais. L’amour et la souffrance : indissociables partenaires, qui l’ont empêchée d’être coupée de la vie et surtout de ses élans créatifs. Ce masochisme lancinant et toujours brûlant est la condition humaine de cette chanteuse qui n’en finit pas de douter d’elle même et des autres…

Extrait de « Pourquoi vous ? »

Cette mélodie insidieuse signée Calogero illumine le chant fluide et intact d’une icône qui dans ce nouveau disque baisse la garde. On prend ces 10 nouvelles chansons comme le témoignage douloureux et bouleversant d’une femme qui n’a vécu que dans l’obsession d’être exécutée sur l’échafaud par la peine capitale qu’engendrent les amours contrariés, qui paradoxalement semblent être les seuls qui vaillent la peine d’être vécus. En cela, ce disque n’est pas loin du meilleur de sa collaboration avec un Michel Berger, qui lui écrivait par procuration, des messages personnels, pour implorer son amour de revenir par la grâce de la voix magnétique de l’ex-fan des sixties…

Extrait de « L’amour fou »

Françoise Hardy courtoise, élégante, parfois fatigante, réussit la prouesse à travers son écriture précise et sans enluminure à nous faire rendre les armes à notre tour. La voix comme un miracle permanent, l’intransigeance artistique vécue parfois comme une punition, Françoise Hardy atteste de son intelligence innée lorsqu’elle s’attaque à Victor Hugo pour en faire une chanson pop.

Extrait de « Si vous n’avez rien à me dire »

Il faut aussi se souvenir qu’en plein cœur de la tourmente yéyé, Françoise Hardy, survivante d’une télé crochet chantait : « il n’y a pas d’amour heureux ». Texte Aragon/ Musique Brassens. 50 ans plus tard, elle semble nous laisser avec la même constance émotive un testament public, donnant même rendez-vous dans une autre vie à l’amour idéal. Peut-être dans cet ailleurs, le désir prendra alors des ailes. On le lui souhaite.

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