Voici le deuxième album de Hugh Coltman, anglais de naissance, et qui à l’aube des années 2000 tombe amoureux de Paris où il choisit de s’installer. Depuis, ce passionné de jazz réalise dans ses disques un syncrétisme entre le blues, le jazz et le folk rock.

Hugh Coltman, 40 ans, possède la maturité d’un auteur compositeur interprète qui inconsciemment semble avoir intégré la cruelle conjoncture de la crise économique dans la filière du disque. Comme si celle-ci n’offrait plus d’autre échappatoire que de produire des albums inscrit dans une forme d’intemporalité et de classicisme. Pas d’autre choix non plus lorsqu’on a aimé Bob Dylan, Otis Redding ou Stevie Ray Vaughan de miser sur une distinction musicale et une élégance littéraire.

Extrait de « Carnival »

Après une première vie artistique en groupe, dans la formation anglaise de blues Hoax, Hugh Coltman a voulu se libérer. Artistiquement et émotionnellement. Artistiquement parce que le disque se fraye un chemin dans un paysage aux multiples couleurs pastels. Emotionnellement parce que Hugh Coltman sous son attrait de grand gaillard viril se laisse submerger par sa propre sensibilité très féminine. Un disque sans graisse, ni cambouis, ni sueur. Du raffinement à tous les étages, le goût du travail bien fait jusque dans ses moindres détails entêtants comme dans la première chanson du disque où les arrangements de cuivre vous tatouent l’oreille insidieusement.

Extrait de « Underground »

Hugh Coltman a baptisé son disque « Zero Killed » inspiré du langage de guerre. Cette expression qui stipulait sur un champ de bataille qu’il n’y avait aucune victime. Zero Killed chez Coltman peut se comprendre par « Il n’y a pas mort d’homme », alors qu’il nous conte les tourments imaginaires d’un lit conjugal, des tracas de la vie quotidienne, ou qu’il dédie une chanson heureuse à sa fille.

Extrait de « It’s a wonder »

Hugh Coltman ne cesse de faire partager son goût pour la chanson qui sait tout dire en un temps strictement limité. Pour lui l’inspiration ne peut se suffire à elle-même. Il faut qu’elle soit incarnée par un travail constant. Depuis 10 ans maintenant, Hugh Coltman travaille beaucoup pour livrer de beaux disques.

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